21 septembre 2011

JUDÉO-SIONISME : LORSQUE LA MYSTIFICATION DEVIENT VÉRITÉ [2/2]




Le projet sioniste, on l’a dit, s’est toujours fondé sur les artifices et la duperie pour réécrire l’Histoire. Parfois le maquillage aboutit à des absurdités. G. Atzmon, au sujet de l’incendie qui a ravagé le Mont Carmel en décembre 2010, rappelle un fait révélateur : depuis les années 1930, le Fond National Juif ou KKL (Keren Kayemet Le Israel) a œuvré pour planter des arbres en Palestine au fur et à mesure qu’il dépossédait les autochtones de leurs terres. « Arrachant les oliviers, le KKL a planté principalement des pins, pour effacer toute trace des villages palestiniens rasés et pour affirmer, en plein Proche-Orient, que le projet sioniste était d’essence occidentale. "Il fallait que nos paysages ressemblent à la Suisse", résume Gilad Atzmon. Sauf que dans une région où il peut faire 31°C à l’ombre un 2 décembre, comme c’était le cas hier à Haïfa, même la "Suisse" peut brûler ». (1)
Une autre combine est utilisée à très grande vitesse : le fait accompli sur le terrain. Sharon, le chef sanguinaire, le disait bien en 1998 : « Chacun doit bouger, courir et s'emparer d'autant de collines qu'il est possible pour agrandir les colonies, parce que tout ce que l'on prendra maintenant restera à nous… Tout ce que nous ne prendrons pas leur restera ». (2) On sait au moins à qui on a affaire et à quoi s’en tenir. Désormais, la confiscation/annexion des terres palestiniennes n’est plus rampante ; elle se veut accélérée et irréversible. Plus de 500.000 colons sont installés à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, dont une multitude d’illuminés de l’extrême droite religieuse, pour qui « Dieu a donné cette terre aux Juifs ».
Observez les leaders occidentaux : le sionisme a fini par les avilir à un point stupéfiant. Ils se gardent de condamner l’agression contre la flottille humanitaire turque pour Gaza, les prêches haineux du rabbin Ovadia Yossef et ceux du rabbin Meir Kahane (appelant à tuer les Arabes), la publication de la «Torah du Roi» incitant à la violence raciale. Ils ne voient aucun inconvénient à s’acoquiner avec les partis extrémistes et racistes Israel Beiteinu et Shass au pouvoir… Dans quelques jours probablement, un veto américain sera opposé à la demande d'adhésion d’un Etat palestinien à l'ONU (laissons de côté l’handicap géographique évoqué plus haut par I. Pappé). Ce veto infâme sera dégainé, non pas pour mettre un terme à une profonde injustice mais pour l’affermir, non pas pour favoriser l’émancipation d’un peuple mais pour l’empêcher. Vous aspirez à la dignité et à un Etat à vous ? C’est hors de question !

Stratagèmes et tours de passe-passe
Les judéo-sionistes ont réussi à se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas. En 1978, Begin, l’un des dirigeants sionistes les plus sadiques, a reçu le Prix Nobel de la Paix. Voici une de ses harangues typiques : « Notre race est la race des maitres. Nous sommes des dieux divins sur cette planète. Nous sommes aussi différents des races inférieures comme ils le sont des insectes. En fait, comparé à notre race, les autres races sont des bêtes et des animaux, un bétail au mieux. Les autres races sont comme l'excrément humain. Notre destin doit être de régner sur ces races inférieures. Notre royaume terrestre sera gouverné par notre chef avec une baguette de fer. Les masses lécheront nos pieds et nous serviront comme des esclaves ». (3) Un délire totalement débridé... Accorder le Prix Nobel de la Paix à ce scélérat, cela a-t-il un sens ?
La propagande sioniste est également parvenue à faire passer l’armée israélienne pour «la plus morale de tous les temps». Qu’importe s’il s’agit d’une bande de criminels de guerre (dixit Gilad Atzmon), qui s’est distinguée par sa cruauté et sa rapacité. Les soldats israéliens ne reconnaissent pas les droits humains, pillent, assassinent, violent et arrachent les oliviers. Aux checkpoints, ils donnent libre cours à leur haine et leur sadisme. Ils sont capables de tuer des enfants de douze ans (conformément aux fatwas des rabbins), de les torturer, de les forcer à boire l’eau des latrines (cf. Aya Kaniuk et Tamar Goldschmidt). Ils se font photographier à côté des cadavres des enfants abattus, pour le souvenir, pour montrer aux copains (comme l’ont fait les soldats US en Irak). Les pilotes dorment bien la nuit après avoir largué des bombes sur des immeubles habités. Tuer, ils aiment ça (dixit Nurit Peled). Mais cela a-t-il de l’importance ? Non, disent les organisateurs zélés des soirées de gala en l’honneur de Tsahal. Non, disent les médias de masse qui en parlent avec considération.
L’appareil de propagande a inculqué au monde que l’Etat juif était une oasis démocratique. « Euh, Israël n’a jamais respecté le droit international et agit dans l’impunité la plus totale, n’est-ce pas ? Mais non, me dira-t-on, vous n’avez pas compris, Israël est la seule démocratie du Moyen Orient !… Ah bon, pardon » (dérision empruntée à S. Moleaud). M. Collon en est venu à s’élever contre la supercherie : « Un Etat colonial, basé sur le vol de la terre et l’expulsion d’un peuple, ne sera jamais une démocratie. Malgré ses lois et ses discussions démocratiques à la Knesset. Même s’il possède un parlement, même si les voleurs discutent démocratiquement entre eux sur la meilleure façon de voler, ça reste un Etat de voleurs qui règnent par la force ». (4)
Et ce BHL, ravi d’être désigné par ses initiales (d’où peut-être sa notoriété) : sous ses allures de l’intello sûr de lui, qui analyse les évènements tous azimuts, c’est l’un des porte-paroles du sionisme les plus cyniques... Bien qu’il se rapporte à la France, ses exhortations sont tapageusement au service d’Israël. Le jour du bombardement criminel de Gaza, il a exprimé une jubilation toute naturelle (je cite de mémoire) : « Le plus remarquable dans cette affaire, ce qui m’a le plus étonné, ce n’est pas la brutalité d’Israël. C’est bien sa longue retenue ». Alors même que ses mensonges outranciers et son allégeance au sionisme sont flagrants, il a réussi à s’insinuer parmi les nouveaux satrapes libyens (désignés par le sigle CNT).
Que dire du soupçon/accusation d’antisémitisme brandi immanquablement et avec agressivité dès que quelqu’un s’élève contre les atrocités commises par l’Etat voyou ?  Rappelons-nous le procès intenté par les porte-paroles du sionisme contre les actions de boycott des produits «Made in Israël» dans des hypermarchés en France. L’Etat français n’a jamais poussé les juges à condamner ceux qui appelaient au boycott du Mexique et de la Chine (puisque ce n’est pas illégal). Mais, s’agissant d’Israël, il était tenu de le faire (puisque c’est illégal). L’association EuroPalestine s’interroge : « On n’a jamais vu personne poursuivi pour avoir appelé au boycott de la Chine, du Soudan, du Mexique ou de la Patagonie… » (5) Si l'antisémitisme aux débuts du siècle a fait le lit du sionisme, aujourd’hui, c’est une véritable aubaine pour les officines sionistes et autres agents provocateurs, c’est l’un de leurs stratagèmes favoris, leur arme secrète. Deux époques, deux situations différentes où l’attitude censée être hostile aux juifs est exploitée à outrance.
Faire volontairement l’amalgame entre antisémitisme (une forme de racisme) et antisionisme (critique d’un projet politique) est une énorme escroquerie intellectuelle. L’occupation de la Palestine se fondant sur le judéo-sionisme, comment lutter contre l'une sans dénoncer l'autre ? N’allez pas le dire aux activistes du CRIF et de la LICRA, aux nervis de la LDJ, aux Levy, Finkielkraut, Ghozlan, Goldnadel, Attal et autres Glucksmann (c’est qu’ils sont nombreux) ; ils vous répondront par une moue narquoise. « Le Crif combat tout ce qui peut de près ou de loin écorner l'image d'Israël, ce veau d'or moderne des Juifs convertis au nationalisme, un nationalisme auquel ils furent pourtant, dans l'Histoire, si longtemps réfractaires. […] Le Crif, en un mot, terrorise psychologiquement certains Juifs et tous les non-Juifs au nom de la défense d'Israël ». (6) Pour détourner l’attention sur l’image exécrable de l’Etat juif et camoufler les tueries perpétrées à répétition, les agents pro-Israël décrètent une fois pour toutes que l’antisionisme n'est que le paravent de l’antisémitisme ; ils s’emploient à faire de la Shoah la religion dogmatique de notre époque.
Les tours de passe-passe semblent réussir, c’est cela le véritable sujet d’étonnement : regardez tous ces hommes politiques, ces journalistes, ces universitaires qui se rétractent et se rapetissent face aux actions d’intimidation dont ils font l’objet. Les intrigants sionistes savourent leur victoire (facile) lorsque des personnages publics se démènent pour se défendre, crient leur innocence, puis se dédisent de leurs prises de position. On balance n’importe quel subterfuge et voilà que la partie concernée de perdre du temps à réagir à l’accusation, à apporter un démenti, à se disculper. Autant la duperie est sournoise, autant la réaction semble ingénue. Petit à petit, Israël se trouve hors d’atteinte et assuré d’une impunité et une immunité totales. Le nettoyage ethnique et le carnage peuvent alors continuer.
A bien réfléchir, l’assimilation entre antisionisme et antisémitisme débouche sur une conclusion à laquelle nul ne s’attend : si on est contre le sionisme, on est ipso facto contre les juifs. D’où : le judaïsme équivaudrait au sionisme, ils seraient indissociables. Si l’on admet cet enchainement et contre toute attente, l’hostilité envers les  juifs, du fait du terrorisme criminel israélien, devient tout simplement justifiée. On voit à quel point les tenants du sionisme se débattent dans les contradictions les plus absurdes.
Quoi qu’il en soit, ne faisons pas semblant d’oublier qu’Israël a été fondé pour les juifs, fait aujourd’hui des pieds et des mains pour être reconnu en tant qu’Etat juif. C’est au nom de cet État que les dirigeants israéliens, depuis près d’un siècle, persécutent tout ce qui n’est pas juif. Les massacres sont perpétrés souvent explicitement au nom du judaïsme. La vérité est ainsi, on n’a pas besoin de la broder... Bien entendu, si les spoliateurs aux mains tâchées du sang palestinien sont des juifs, l’inverse n’est pas vrai. Il suffit pour s’en convaincre de se référer aux intervenants sur le site nkusa, à des intellectuels comme Noam Chomsky, Gilad Atzmon, Ilan Pappé, Nurit Peled, Pierre Stambul, Olivia Zemor et Norman Finkelstein  (entre autres).
Tous ces personnages et tant d’autres, attachés au respect des droits de l’Homme, du droit international et de la justice, n’ont pas choisi d’être du côté de la partie surarmée, arrogante, appuyée et financée par l’Empire. Ils ont choisi de soutenir la partie vulnérable, trahie par tous, affaiblie par 60 ans de détresse. Ils ont décidé de prendre les devants, à l’instar de ceux qui ont triomphé jadis de l’apartheid. Leurs voix contribueront à défaire le sionisme. Les Palestiniens, malgré les drames qu’ils endurent, sont restés pleinement humains. Leurs capacités de résistance sont un modèle remarquable d’héroïsme, mais vu le rapport de force et l’étendue des complicités, elles ne peuvent suffire.

Thami Bouhmouch
Septembre 2011
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(1) CAPJPO-EuroPalestine, http://www.europalestine.com/spip.php?article5661  Décembre 2010
(2)  Cf. Michel COLLON, « Israël, parlons-en ! ».


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