21 septembre 2011

JUDÉO-SIONISME : LORSQUE LA MYSTIFICATION DEVIENT VÉRITÉ [2/2]




Le projet sioniste, on l’a dit, s’est toujours fondé sur les artifices et la duperie pour réécrire l’Histoire. Parfois le maquillage aboutit à des absurdités. G. Atzmon, au sujet de l’incendie qui a ravagé le Mont Carmel en décembre 2010, rappelle un fait révélateur : depuis les années 1930, le Fond National Juif ou KKL (Keren Kayemet Le Israel) a œuvré pour planter des arbres en Palestine au fur et à mesure qu’il dépossédait les autochtones de leurs terres. « Arrachant les oliviers, le KKL a planté principalement des pins, pour effacer toute trace des villages palestiniens rasés et pour affirmer, en plein Proche-Orient, que le projet sioniste était d’essence occidentale. "Il fallait que nos paysages ressemblent à la Suisse", résume Gilad Atzmon. Sauf que dans une région où il peut faire 31°C à l’ombre un 2 décembre, comme c’était le cas hier à Haïfa, même la "Suisse" peut brûler ». (1)
Une autre combine est utilisée à très grande vitesse : le fait accompli sur le terrain. Sharon, le chef sanguinaire, le disait bien en 1998 : « Chacun doit bouger, courir et s'emparer d'autant de collines qu'il est possible pour agrandir les colonies, parce que tout ce que l'on prendra maintenant restera à nous… Tout ce que nous ne prendrons pas leur restera ». (2) On sait au moins à qui on a affaire et à quoi s’en tenir. Désormais, la confiscation/annexion des terres palestiniennes n’est plus rampante ; elle se veut accélérée et irréversible. Plus de 500.000 colons sont installés à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, dont une multitude d’illuminés de l’extrême droite religieuse, pour qui « Dieu a donné cette terre aux Juifs ».
Observez les leaders occidentaux : le sionisme a fini par les avilir à un point stupéfiant. Ils se gardent de condamner l’agression contre la flottille humanitaire turque pour Gaza, les prêches haineux du rabbin Ovadia Yossef et ceux du rabbin Meir Kahane (appelant à tuer les Arabes), la publication de la «Torah du Roi» incitant à la violence raciale. Ils ne voient aucun inconvénient à s’acoquiner avec les partis extrémistes et racistes Israel Beiteinu et Shass au pouvoir… Dans quelques jours probablement, un veto américain sera opposé à la demande d'adhésion d’un Etat palestinien à l'ONU (laissons de côté l’handicap géographique évoqué plus haut par I. Pappé). Ce veto infâme sera dégainé, non pas pour mettre un terme à une profonde injustice mais pour l’affermir, non pas pour favoriser l’émancipation d’un peuple mais pour l’empêcher. Vous aspirez à la dignité et à un Etat à vous ? C’est hors de question !

Stratagèmes et tours de passe-passe
Les judéo-sionistes ont réussi à se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas. En 1978, Begin, l’un des dirigeants sionistes les plus sadiques, a reçu le Prix Nobel de la Paix. Voici une de ses harangues typiques : « Notre race est la race des maitres. Nous sommes des dieux divins sur cette planète. Nous sommes aussi différents des races inférieures comme ils le sont des insectes. En fait, comparé à notre race, les autres races sont des bêtes et des animaux, un bétail au mieux. Les autres races sont comme l'excrément humain. Notre destin doit être de régner sur ces races inférieures. Notre royaume terrestre sera gouverné par notre chef avec une baguette de fer. Les masses lécheront nos pieds et nous serviront comme des esclaves ». (3) Un délire totalement débridé... Accorder le Prix Nobel de la Paix à ce scélérat, cela a-t-il un sens ?
La propagande sioniste est également parvenue à faire passer l’armée israélienne pour «la plus morale de tous les temps». Qu’importe s’il s’agit d’une bande de criminels de guerre (dixit Gilad Atzmon), qui s’est distinguée par sa cruauté et sa rapacité. Les soldats israéliens ne reconnaissent pas les droits humains, pillent, assassinent, violent et arrachent les oliviers. Aux checkpoints, ils donnent libre cours à leur haine et leur sadisme. Ils sont capables de tuer des enfants de douze ans (conformément aux fatwas des rabbins), de les torturer, de les forcer à boire l’eau des latrines (cf. Aya Kaniuk et Tamar Goldschmidt). Ils se font photographier à côté des cadavres des enfants abattus, pour le souvenir, pour montrer aux copains (comme l’ont fait les soldats US en Irak). Les pilotes dorment bien la nuit après avoir largué des bombes sur des immeubles habités. Tuer, ils aiment ça (dixit Nurit Peled). Mais cela a-t-il de l’importance ? Non, disent les organisateurs zélés des soirées de gala en l’honneur de Tsahal. Non, disent les médias de masse qui en parlent avec considération.
L’appareil de propagande a inculqué au monde que l’Etat juif était une oasis démocratique. « Euh, Israël n’a jamais respecté le droit international et agit dans l’impunité la plus totale, n’est-ce pas ? Mais non, me dira-t-on, vous n’avez pas compris, Israël est la seule démocratie du Moyen Orient !… Ah bon, pardon » (dérision empruntée à S. Moleaud). M. Collon en est venu à s’élever contre la supercherie : « Un Etat colonial, basé sur le vol de la terre et l’expulsion d’un peuple, ne sera jamais une démocratie. Malgré ses lois et ses discussions démocratiques à la Knesset. Même s’il possède un parlement, même si les voleurs discutent démocratiquement entre eux sur la meilleure façon de voler, ça reste un Etat de voleurs qui règnent par la force ». (4)
Et ce BHL, ravi d’être désigné par ses initiales (d’où peut-être sa notoriété) : sous ses allures de l’intello sûr de lui, qui analyse les évènements tous azimuts, c’est l’un des porte-paroles du sionisme les plus cyniques... Bien qu’il se rapporte à la France, ses exhortations sont tapageusement au service d’Israël. Le jour du bombardement criminel de Gaza, il a exprimé une jubilation toute naturelle (je cite de mémoire) : « Le plus remarquable dans cette affaire, ce qui m’a le plus étonné, ce n’est pas la brutalité d’Israël. C’est bien sa longue retenue ». Alors même que ses mensonges outranciers et son allégeance au sionisme sont flagrants, il a réussi à s’insinuer parmi les nouveaux satrapes libyens (désignés par le sigle CNT).
Que dire du soupçon/accusation d’antisémitisme brandi immanquablement et avec agressivité dès que quelqu’un s’élève contre les atrocités commises par l’Etat voyou ?  Rappelons-nous le procès intenté par les porte-paroles du sionisme contre les actions de boycott des produits «Made in Israël» dans des hypermarchés en France. L’Etat français n’a jamais poussé les juges à condamner ceux qui appelaient au boycott du Mexique et de la Chine (puisque ce n’est pas illégal). Mais, s’agissant d’Israël, il était tenu de le faire (puisque c’est illégal). L’association EuroPalestine s’interroge : « On n’a jamais vu personne poursuivi pour avoir appelé au boycott de la Chine, du Soudan, du Mexique ou de la Patagonie… » (5) Si l'antisémitisme aux débuts du siècle a fait le lit du sionisme, aujourd’hui, c’est une véritable aubaine pour les officines sionistes et autres agents provocateurs, c’est l’un de leurs stratagèmes favoris, leur arme secrète. Deux époques, deux situations différentes où l’attitude censée être hostile aux juifs est exploitée à outrance.
Faire volontairement l’amalgame entre antisémitisme (une forme de racisme) et antisionisme (critique d’un projet politique) est une énorme escroquerie intellectuelle. L’occupation de la Palestine se fondant sur le judéo-sionisme, comment lutter contre l'une sans dénoncer l'autre ? N’allez pas le dire aux activistes du CRIF et de la LICRA, aux nervis de la LDJ, aux Levy, Finkielkraut, Ghozlan, Goldnadel, Attal et autres Glucksmann (c’est qu’ils sont nombreux) ; ils vous répondront par une moue narquoise. « Le Crif combat tout ce qui peut de près ou de loin écorner l'image d'Israël, ce veau d'or moderne des Juifs convertis au nationalisme, un nationalisme auquel ils furent pourtant, dans l'Histoire, si longtemps réfractaires. […] Le Crif, en un mot, terrorise psychologiquement certains Juifs et tous les non-Juifs au nom de la défense d'Israël ». (6) Pour détourner l’attention sur l’image exécrable de l’Etat juif et camoufler les tueries perpétrées à répétition, les agents pro-Israël décrètent une fois pour toutes que l’antisionisme n'est que le paravent de l’antisémitisme ; ils s’emploient à faire de la Shoah la religion dogmatique de notre époque.
Les tours de passe-passe semblent réussir, c’est cela le véritable sujet d’étonnement : regardez tous ces hommes politiques, ces journalistes, ces universitaires qui se rétractent et se rapetissent face aux actions d’intimidation dont ils font l’objet. Les intrigants sionistes savourent leur victoire (facile) lorsque des personnages publics se démènent pour se défendre, crient leur innocence, puis se dédisent de leurs prises de position. On balance n’importe quel subterfuge et voilà que la partie concernée de perdre du temps à réagir à l’accusation, à apporter un démenti, à se disculper. Autant la duperie est sournoise, autant la réaction semble ingénue. Petit à petit, Israël se trouve hors d’atteinte et assuré d’une impunité et une immunité totales. Le nettoyage ethnique et le carnage peuvent alors continuer.
A bien réfléchir, l’assimilation entre antisionisme et antisémitisme débouche sur une conclusion à laquelle nul ne s’attend : si on est contre le sionisme, on est ipso facto contre les juifs. D’où : le judaïsme équivaudrait au sionisme, ils seraient indissociables. Si l’on admet cet enchainement et contre toute attente, l’hostilité envers les  juifs, du fait du terrorisme criminel israélien, devient tout simplement justifiée. On voit à quel point les tenants du sionisme se débattent dans les contradictions les plus absurdes.
Quoi qu’il en soit, ne faisons pas semblant d’oublier qu’Israël a été fondé pour les juifs, fait aujourd’hui des pieds et des mains pour être reconnu en tant qu’Etat juif. C’est au nom de cet État que les dirigeants israéliens, depuis près d’un siècle, persécutent tout ce qui n’est pas juif. Les massacres sont perpétrés souvent explicitement au nom du judaïsme. La vérité est ainsi, on n’a pas besoin de la broder... Bien entendu, si les spoliateurs aux mains tâchées du sang palestinien sont des juifs, l’inverse n’est pas vrai. Il suffit pour s’en convaincre de se référer aux intervenants sur le site nkusa, à des intellectuels comme Noam Chomsky, Gilad Atzmon, Ilan Pappé, Nurit Peled, Pierre Stambul, Olivia Zemor et Norman Finkelstein  (entre autres).
Tous ces personnages et tant d’autres, attachés au respect des droits de l’Homme, du droit international et de la justice, n’ont pas choisi d’être du côté de la partie surarmée, arrogante, appuyée et financée par l’Empire. Ils ont choisi de soutenir la partie vulnérable, trahie par tous, affaiblie par 60 ans de détresse. Ils ont décidé de prendre les devants, à l’instar de ceux qui ont triomphé jadis de l’apartheid. Leurs voix contribueront à défaire le sionisme. Les Palestiniens, malgré les drames qu’ils endurent, sont restés pleinement humains. Leurs capacités de résistance sont un modèle remarquable d’héroïsme, mais vu le rapport de force et l’étendue des complicités, elles ne peuvent suffire.

Thami Bouhmouch
Septembre 2011
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(1) CAPJPO-EuroPalestine, http://www.europalestine.com/spip.php?article5661  Décembre 2010
(2)  Cf. Michel COLLON, « Israël, parlons-en ! ».


17 septembre 2011

JUDÉO-SIONISME : LORSQUE LA MYSTIFICATION DEVIENT VÉRITÉ [1/2]



« Toute vérité traverse trois étapes. D’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle se heurte à une opposition violente. Et enfin, elle est acceptée comme une évidence » Arthur Schopenhauer



En ces temps de pensée unique, de propagande et de lavage de cerveau, des intellectuels moralement libres montent au créneau pour dénoncer les crimes de l’Etat juif et pester contre la lâcheté ambiante. Ils sont déterminés et de plus en plus nombreux… mais rien ne  semble y faire. Comment un Etat, une armée peuvent-ils commettre autant de forfaits, infliger autant de souffrances à des civils démunis, pendant autant de décennies, sans que les puissances de ce monde et les instances internationales (ONU, CPI) ne se résolvent à y mettre le holà ? Comment l’entité judéo-sioniste s’est-elle «débrouillée» pour s’arroger le privilège insolite d’être au-dessus de la légalité ?

La queue du chien

Il y a deux conceptions d’apparence antinomiques :
L’une part du postulat selon lequel l’administration étasunienne ne fait pas le poids devant les ténors du sionisme. Ce seraient donc eux qui donneraient les directives à suivre et ainsi décideraient du sort du monde. Il est alors question de réseaux de soutien tentaculaires et de nababs sionistes exerçant une influence irrésistible à la fois sur les présidents étasuniens et sur les sociétés multinationales. Cette conception, largement connue, ne semble pas faire l’unanimité : « Y a-t-il un autre exemple, dans l’histoire de l’humanité, d’une superpuissance de 310 millions d’habitants complètement inféodée à un petit pays insignifiant d’au plus sept millions et demi d’individus se chamaillant pour quelques kilomètres de terres semi-arides ? Est-il concevable qu’un pays pesant à peine 206 milliards de dollars de PIB annuel puisse contrôler et diriger une superpuissance qui aligne 14.510 milliards de PIB annuel ? ». (1) A priori, le doute est possible, surtout si l’on pense à la fameuse interrogation d’U. Avnery : « Est-ce le chien qui remue la queue ou la queue qui remue le chien ? ». (2)
L’autre conception se fonde sur l’idée que l’Etat hébreu ne serait qu’une tête de pont destinée à maintenir une tension constante au Proche-Orient et asservir ses populations. D’aucuns l’assimilent à une sorte de «base militaire», à une «colonie de peuplement et d’exploitation» implantée au cœur du monde arabe. On a été jusqu’à le qualifier de «quasi cinquante-et-unième État de l’Union». De là, le projet judéo-sioniste n’est jamais qu’une variante régionale du projet impérialiste étasunien. C’est sous cet angle que doit être appréhendée l’aide financière et militaire accordée par Washington – une aide faramineuse, sans laquelle les crimes contre les Palestiniens ne seraient pas possibles. Selon S. Amin, « cet Etat surarmé [Israël], à l’avant-garde des technologies de pointe, morceau avancé d’Occident au Proche-Orient, dépensant 60% de son PIB à l’armée, c’est l’Etat rêvé pour les dirigeants occidentaux qui ne souhaitent pas un Israël vivant en paix avec les Palestiniens sur la base du droit international. L’Etat d’Israël joue aujourd’hui un rôle-clé pour l’Occident permettant le contrôle du Proche-Orient et des ressources pétrolières ». (3)
Certes, l’explication par le poids du lobby israélien ne suffit pas, mais ne doit pas pour autant être écartée. Il ne convient pas non plus de négliger l’approche par l’implantation d’un Etat factice en tant qu’instrument et symbole de l’hégémonie au Proche-Orient (depuis H. Truman). A mon sens, si l’influence du mouvement sioniste est opérante au plus haut point, c’est parce qu’elle est perçue et accueillie favorablement, parce qu’elle s’accorde avec les intérêts bien compris de l’Occident. En somme, la politique de Washington concernant la Palestine s’avère être l’œuvre du Pentagone et des affairistes de l’armement autant que et parallèlement à celle des officines sionistes. A cela il faut s’empresser d’ajouter le rôle joué par les chrétiens sionistes dans la prééminence accordée historiquement à Israël dans le champ politique officiel des Etats-Unis.

Un pharisaïsme stupéfiant

Pourquoi les lobbyistes pro-Israël, les propagandistes et autres défenseurs à la solde du sionisme (y compris l’ONU) se bousculent-ils au portillon ? C’est parce que l’Etat juif, fier de son Mossad et son armée de tueurs, de ses engins de destruction massive, de ses Apaches, ses drones «futés» et ses sous-marins nucléaires, a d’autres tours dans son sac. Les chefs sionistes en effet se sont appuyés très tôt sur la fourberie et les subterfuges permanents. Ils inventent sans relâche les échappatoires et les esquives. Farder la vérité est une arme redoutable, autant sinon plus que l’arsenal sophistiqué et démesuré dont ils disposent.
Le fait vaut d’être souligné : un pharisaïsme d’un genre extraordinaire caractérise le judéo-sionisme ; c’est une armature essentielle du mouvement et en même temps le signe annonciateur de sa mort. Selon Alan Hart, en effet, « ce pharisaïsme a été décrit par Y. Harkabi, ancien directeur des renseignements militaires israéliens, comme "le plus grand danger réel" pour l’État juif ». (4)
La réalité du sionisme est «médiamensongée» à un point jamais atteint dans l’histoire. Il y a une combine que les spoliateurs israéliens manient de main de maître (et qu’ils ont inculquée à leurs acolytes étasuniens) : plus l’artifice, le mensonge, l’hypocrisie sont gros, plus ils sont gobés d’une traite par l’opinion mondiale. Les attrape-nigauds du genre «lutte contre le terrorisme», «danger islamiste», «Israël, état démocratique», «menace de destruction d'Israël» font partie depuis belle lurette de la boite à outils du parfait sioniste. C’est un langage éculé, mille fois répété, martelé ad nauseam, mais il a le mérite de bien fonctionner. La rhétorique sioniste est à l’origine de tout un assortiment de diversions mielleuses et de mensonges savamment échafaudés. La charge d’hypocrisie est virulente et flagrante, un véritable affront à la raison. « Le bon sens, note B. Gratton, reste l’ennemi numéro 1 des mensonges sionistes. Avec le bon sens, l’absurdité de certaines histoires saute aux yeux, il peut s’agir d’impossibilité technique flagrante, d’absence totale de preuves, de coïncidences plus que curieuses, de diabolisation excessive et injustifiable » (5)
Des brigades d’hasbaristes (propagandistes) bien entraînés sont à l’œuvre un peu partout, même là où on les attend le moins. Wikipedia, par exemple, infiltrée par une escouade de juifs sionistes, n’arrête pas de fabriquer les contrevérités les plus invraisemblables. Vous voulez un exemple ? Composez les mots Nakba Palestine et vous découvrirez ce que la dissimilation et la manipulation veulent dire. On ment à propos du mouvement Hamas («ces Islamistes qui ne veulent pas la Paix»), d’Hugo Chavez («despote, populiste»), d’Ahmadinejad («le terrible dictateur religieux antisémite») et de Nasrallah («un terroriste soutenu par la Syrie et l’Iran»), comme on l’a fait à propos de Saddam Hussein. Les médias, bien entendu, suivent tête baissée.
Les leaders israéliens ont le toupet de clamer que l’Iran ne doit pas développer des capacités nucléaires alors que chacun sait qu’ils disposent depuis longtemps d’un arsenal militaire colossal (sans parler des armes chimiques et biologiques). C’est d’ailleurs grâce à cet armement qu’Israël, 6ème puissance mondiale dans ce domaine, tient en otage tous les peuples de la région.
Les boniments sur le «futur Etat palestinien», sur la distinction entre colonies «légales» et colonies «irrégulières» ou «sauvages» ont déjà trop duré. I. Pappé montre à quel point le discours peut être désinvolte et pince-sans-rire : « les sionistes ont appris que le colonialisme n’était pas populaire, alors ils l’ont traduit différemment, ils ont trouvé le mot "settlement" [implantation], qui signifie quelque chose d’autre en anglais ; et ils ont trouvé cette réponse : "Oui, c’est coloniser, mais ce n’est pas comme coloniser, c’est une chose différente". L’État pour les Palestiniens, c’est deux Bantoustans, divisé par douze en Cisjordanie et clôturé comme un camp de concentration à Gaza, qui n’a pas de connexion entre les deux, et qui a une petite municipalité à Ramallah que l’on appellera gouvernement ; voilà l’État ». (6) 
Les «accords» signés sont systématiquement foulés aux pieds. La boutade de Ben Gourion à ce propos est très éloquente : « Si j'étais un leader arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C'est normal, nous avons pris leur pays » (cité par Nahum Goldmann dans «Le paradoxe juif», 1976). La bravade est proférée sur un ton plein de morgue et de dérision.
Les israéliens croient dur comme fer, qu’à la longue, ils arriveront à effacer définitivement le «problème palestinien» – notamment, en affirmant et en répétant que le peuple palestinien n’existe pas et n’a jamais existé. Pour le démontrer, rien n’est plus facile : leurs livres scolaires expliquent insidieusement qu’à l’époque des Ottomans, des populations venues «d’ailleurs» et peu nombreuses «ont été installées» dans la région. Des générations d’écoliers ont été abreuvées ainsi, puis lâchées sur les Palestiniens. Comme le relève P. Stambul, « la colonisation sioniste et la création de l’Etat d’Israël se sont accompagnées d’un négationnisme total (j’emploie intentionnellement ce mot qui est très chargé symboliquement dans l’Histoire juive) vis-à-vis des Palestiniens. Il s’agit de justifier a posteriori un des mensonges fondateurs, l’idée de la "une terre sans peuple pour un peuple sans terre". On y ajoute contre toute vraisemblance quelques énormités comme l’idée que les Juifs auraient toujours vécu en "Eretz Israël" ou qu’ils sont majoritaires à Jérusalem depuis les années 1800 ». (7)
Je ne sais pas comment c’est arrivé, mais un membre du gang sioniste a bien voulu avouer le vol, il y a plus de quarante ans : « Des villages juifs furent construits à la place des villages arabes. […] Il n’y a pas un seul endroit construit dans ce pays qui n’ait pas eu une ancienne population arabe ». (8) L’idée du «retour des juifs en Israël» n’est qu’une imposture. Notons, sans y insister, que pour les religieux non sionistes, l'État juif de l'Antiquité « a été détruit par Dieu ». De plus, le père du sionisme, T. Herzl, voulait un état pour les juifs, mais peu lui importait qu'il fût à Madagascar, en Ouganda, en Argentine ou en Judée-Samarie.


Le projet sioniste, vieux de plus d’un siècle, s’est toujours fondé sur les artifices et la duperie pour réécrire l’Histoire… C'est le point qui sera abordé dans le prochain article [2/2].


Thami BOUHMOUCH

(1) Robert BIBEAU, http://www.robertbibeau.ca/palestine/edito5122010.html Décembre 2010.
(7) Pierre STAMBUL, http://la-feuille-de-chou.fr/archives/18517   Février 2011.
(8) Moshe Dayan, ministre de la Guerre, adressé à The Technion Haifa, rapporté par Ha’aretz, 4 avril 1969.

6 septembre 2011

GAZA : UN CRIME EFFROYABLE CONTRE L’HUMANITE



« Il est des silences complices dont le nombre fait la force, et la force la loi. Celle des majorités silencieuses qui sert de caution et d’alibi aux crimes contre l’humanité » Martin Niemöller




Les bombes à uranium appauvri, on l’a vu dans le précédent papier, constituent des armes terrifiantes de destruction massive ; elles génèrent cancers, mutations et stérilités dans les pays victimes.
A Gaza, la campagne militaire criminelle de décembre 2008, appuyée au grand jour par l’armée étasunienne, est encore dans les mémoires (voir le film poignant « Gaza-strophe »). Les hordes sionistes ne se contentent pas de déporter les Palestiniens, de détruire leurs maisons et leurs oliviers, de les enfermer dans d’énormes enclos à ciel ouvert, de voler leur eau, d’emprisonner leurs enfants de dix ans, de bombarder leurs écoles, leurs hôpitaux et leurs ambulances, de leur concocter des bains de sang à répétitions… Un étudiant et blogueur palestinien de 21 ans, vivant à Gaza, en dit ceci : « Ils [les israéliens] ont dû se dire : ils ne seront pas capables de tolérer la vie d’enfer que nous allons leur faire mener, nous allons les étouffer de tous les côtés, nous leur causerons tant de douleurs qu’ils ne tarderont pas à imploser ». (1)
Les leaders sionistes s’en lèchent les babines. Et ce Peres, connu notoirement pour sa fourberie répugnante et jouissant du ramollissement cérébral des dirigeants occidentaux... On raconte que lors de sa rencontre avec Angela Merkel, il s’est plaint (je cite de mémoire) que « les élections [législatives palestiniennes de 2006] ont conduit à un mouvement radical et dangereux et les pauvres habitants de Gaza n’ont jamais eu droit à un seul jour de démocratie »… Pour la peine, on largue les bombes, on répand le feu tous azimuts. A défaut de « démocratie », allons-y pour le nettoyage ethnique et le génocide. Résultat : 1.400 morts, en plus des infrastructures dévastées.
L’agression meurtrière appelée « Plomb durci » est qualifiée d’action « défensive ». L’idée n’est pas compliquée : éradiquer le Hamas – une organisation terroriste, cela va sans dire – c’est lutter contre l’Iran. Comme l’Europe est censée avoir peur de ce pays, elle applaudit avec ardeur et sans se faire prier. Lorsqu’on n’a rien compris au sionisme, pourquoi se garderait-on de le faire ? Pour reprendre le mot de N. Chomsky, « il n’y a que dans un pays très endoctriné que vous pouvez entendre ces choses ridicules et ne pas rire ». I. Pappé considère que l’invasion israélo-américaine de 2008 constitue déjà un génocide, que cette « catastrophe humanitaire d’envergure inimaginable », exigerait qu’Israël soit « relégué au statut d’Etat paria ». Comme le rapporte Goldstone, Chomsky considère qu’une telle agression est une manifestation indiscutable du terrorisme d’état. C’est la preuve de « l’indifférence pervertie » du tandem Israël–USA pour la vie humaine. (2)
Le massacre, en effet, est orchestré à coup de bombes à uranium appauvri et au phosphore blanc (interdites par les conventions internationales). Les médias aux ordres se sont fait un devoir de préciser qu’« Israël avait mis les Palestiniens en garde avant les bombardements ». Imaginons : un malfrat prévient un quidam qu’il sera bientôt agressé ou assassiné ; une fois la nouvelle annoncée, la voie est libre. Aucun reproche n’est ainsi possible. Et pour que chacun comprenne bien la chose, les plumitifs se sont empressés d’ajouter que « c'est le Hamas qui a rompu unilatéralement la trêve ».


C’est ici que la leçon des Nazis vient à l’esprit, comme le rapporte Alan Hart, (auteur de « Zionism, the Real Enemy of the Jews ») : « plus le mensonge est grand, plus on le répète, plus il aura de chances d’être cru dans un monde majoritairement composé de Gentils, de judéo-chrétiens ou d’occidentaux ; et cela d’autant plus si les grands médias sont terrifiés par l’idée d’offenser tant soit peu le sionisme ». (3) Vittorio Arrigoni, notons-le au passage, était le témoin objectif et éloquent des répressions et des tueries avant, pendant et après l’invasion de Gaza. On a fini par l’assassiner.
La soldatesque sioniste se venge de quoi ? La haine a divers mobiles plus ou moins conscients : la victoire du Hamas aux élections législatives en 2006 (les Palestiniens n’avaient pas voté comme il le fallait), la défaite subie la même année au Liban (par une armée pourtant « invincible »), les roquettes artisanales rares et quasi inoffensives (lancées approximativement par des civils démunis), la capture par le Hamas de ce brave soldat israélien (réclamé à cor et à cri par tous les humanistes de la planète), le courage et la ténacité héroïques des Palestiniens (le blocus n’a pas réussi à briser leur volonté de résistance) et surtout leur primauté incontestable sur la terre de Palestine.
N’avez-vous pas remarqué ? Lorsque les médias évoquent les atrocités commises contre les civils palestiniens sans défense, c’est toujours d’une façon expéditive et impassible (sans parler des mensonges). Comment expliquer ce manque flagrant de sensibilité morale et de compassion ? L’accusation d’antisémitisme brandie à tout bout de champ par les porte-paroles du sionisme est-elle à ce point paralysante ?
L’évidence surgit : tous les humains  sont égaux, mais certains moins que d’autres. « Le 11 septembre 2001, se demande P. Sacré, est-il plus insupportable que le bombardement de Gaza, l’opération Plomb Durci, au moyen d’armes génocidaires, sources de souffrances horribles, interdites par les conventions de l’ONU et utilisées sur des civils (uranium appauvri, phosphore blanc) ? Tous ces morts, ce jour-là, sur le sol étatsunien, valent-ils plus que des civils Palestiniens, des Roms ou des Somaliens ? Le 11 septembre 2001 est-il plus condamnable parce que ce sont les tours dorées du World Trade Center, symboles de l’Occidental Way of Life, qui ont été pulvérisées plutôt qu’un taudis en Cisjordanie, un village indonésien, ou une caverne en Afghanistan ? ». (4)

Voilà où l’on en est. L’ivresse de la suprématie technologique et militaire, la violence bestiale, les mensonges et l'injustice auront-elles une limite ? Le monde peut-il être autre chose qu'un espace de rivalités, de rapines et d’agressions immorales ?
Il faut bien se rendre compte : prendre sa plume pour dénoncer l’horreur est un acte pour le moins modeste en regard de personnes exceptionnelles qui font face seules aux menaces et aux agressions (Olivia Zemor), qui sont incarcérées (Bradley Manning, Julian Assange) ou qui ont fini par perdre la vie (Vittorio Arrigoni, Rachel Corrie, Stefano Chiarini). C’est un acte insignifiant sans doute face à l’hégémonie vindicative et cruelle de l’Empire, face aux puissants marchands de canons, face aux ravages occasionnés par les média-mensonges…
Mais les plumes se multiplient, les sites d’information alternative font un travail prodigieux et captent une audience de plus en plus forte. Rien n’est perdu.

Thami BOUHMOUCH
Septembre 2011
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5 septembre 2011

PHOSPHORE BLANC, BOMBES À FRAGMENTATION, URANIUM APPAUVRI ET AUTRES BABIOLES



« Nous avons amené la torture, les bombes à fragmentation, l'uranium appauvri, d'innombrables assassinats commis au hasard, la misère, la dégradation et la mort au peuple irakien » Harold Pinter




« L’opération humanitaire » en Libye,  menée tambour battant par les Etats-Unis et l’OTAN, a débouché finalement sur un désastre abominable. Le but de cette équipée guerrière, on le sait, était de faire main basse sur le pétrole et les ressources financières du pays (en plus de déstabiliser la région). Non pas que les sociétés multinationales n’aient pas eu déjà accès à l’or noir, mais il s’agissait expressément pour celles-ci de modifier les termes des contrats d’exploitation (particulièrement favorables au pays) afin de ne plus payer que des droits symboliques...
Rien de nouveau sous le soleil, me direz-vous : les puissances occidentales ont constamment mis la main, d’une façon ou d’une autre, depuis très longtemps, sur les ressources d’Afrique, d’Amérique Latine et d’Asie. Les guerres sont pratiquement toujours de nature économique, en ce sens qu’elles tendent à servir les intérêts de grandes firmes bien déterminées. Un système basé sur la course au profit maximum impose littéralement aux multinationales de dominer et de piller les pays « périphériques ». Du reste, étouffés par le poids de la dette, ces pays ne peuvent opposer aucune résistance significative au pillage (c’est à cela justement qu’aboutissent les formules concoctées par le FMI et la Banque Mondiale).
Admettons donc : les multinationales sont « objectivement obligées » de s’emparer des ressources d’autrui, parce que sinon leurs rivaux ne tarderont pas à le faire. Soumises à une compétition acharnée à l’échelle du monde, elles ont besoin d’accéder aux matières premières sans restriction, d’exploiter le travail bon marché, de trouver des débouchés pour leurs capitaux et finalement de contrôler les voies stratégiques des flux commerciaux… Hélas, les forfaits commis ne se limitent pas aux richesses extorquées. Les rapines s’accompagnent toujours d’exactions et de crimes organisés. Les uns ne vont pas sans les autres ; ils sont intimement associés.

Il y a plus de deux mois au sujet de la Libye, le CRG (Center for Research on Globalisation) a révélé le recours par l'OTAN à l'uranium appauvri. (1) On ne se contentait donc pas d’envoyer les chasseurs-bombardiers sur les maisons, les hôpitaux et autres infrastructures majeures. Il fallait aussi que des bombes couplées à cette joyeuseté du génie militaire (et de la science) pleuvent par milliers sur la population libyenne. « Dans les empennages des missiles Tomahawk se trouvent des barres d’uranium appauvri de 300 kilos. Si l’on pense qu’un projectile anti-char construit avec du métal d’uranium appauvri en contient environ 30 gr. seulement, on peut imaginer la quantité de poussières d’uranium qui se répand dans l’atmosphère dans les zones d’impact… Là-dessus le silence est total ». (2)
Oui, motus et bouche cousue. Aucun officiel, aucun journaliste (des médias dominants), aucun de ces « experts » qui hantaient les talk show n’avaient fait allusion à cette pluie d’uranium appauvri, une pluie mortelle et sans pitié qui attendait les civils libyens.
Ceux qui consentent aux crimes, fournissent des raisons pour les blanchir ou prennent le parti de se taire sont, à n'en pas douter, plus abjects que les criminels eux-mêmes. Martin Niemöller, un pasteur protestant, disait (années trente) : « Car il est des silences coupables, plus assassins qu’aucune parole, qu’aucune arme peut-être. Car il est des silences complices dont le nombre fait la force, et la force la loi. Celle des majorités silencieuses qui sert de caution et d’alibi aux crimes contre l’humanité ». (3)
Une « opération humanitaire pour protéger la population civile » a-t-on dit et répété. Les maitres du monde sont habitués aux subterfuges les plus éhontés. Et les dégâts et pertes en vies humaines sont incommensurables. « Contrairement à ce que la sémantique pourrait laisser entendre, elles [les bombes à uranium appauvri] constituent des armes terrifiantes de destruction massive. Les bombes à uranium appauvri ont été utilisées pour la première fois par Israël dans la guerre du Kippour (octobre 1973) contre l’Egypte. Elles furent ensuite utilisées au Liban, par Israël, et en ex-Yougoslavie, en Irak, en Afghanistan et en Libye par les USA et diverses “coalitions” occidentales. Elles furent également utilisées par Israël à Gaza (enquête de l’association ACDN). Les bombes à uranium appauvri génèrent cancers, mutations et stérilités dans ces pays-mêmes ou chez les militaires participant aux opérations. [... Elles] libèrent des isotopes dont la durée de vie est de plusieurs milliards d’années ». (4)
Les néo-colonisateurs avides et astucieux sont conduits à détruire méthodiquement les infrastructures et tout ce qui tient debout. La moindre des choses, disent-ils, serait d’avoir l’opportunité plus tard de tout reconstruire (contre espèces sonnantes et trébuchantes). Soit… mais pourquoi contaminer les terres et l’atmosphère par l’uranium appauvri ? Pourquoi utiliser des armes dont l’impact est destiné à durer dans le temps ? Pourquoi générer les cancers, les stérilités et les malformations génétiques à la naissance ? Ce n’est donc pas une simple question de rivalités commerciales, de course au profit, de pétrole, de priorité de contrats mirifiques accordée par les nouveaux satrapes ?
L’administration étasunienne (celle de Bush et celle d’Obama), qui a soutenu et couvert politiquement le recours aux formes de torture les plus cruelles (dont la privation sensorielle), utilise volontiers et vend un peu partout les bombes au phosphore blanc et les grenades antipersonnel. De la même manière qu’elle s’est opposée à la création de la Cour Criminelle Internationale, elle a refusé de signer le traité interdisant les bombes à fragmentation parrainé par l’ONU et adopté par 111 pays en mai 2008.

L’Irak, l’Afghanistan, tous les pays que l’Empire et ses vassaux ont voulu « libérer » à coups de missiles, de F-16, d’uranium appauvri et de bombes à fragmentation, sont livrés aux hécatombes, à la détresse et au chaos. Des crimes commis en toute impunité (une résolution contre l’Otan est-elle envisageable ?). En Irak, comme le relève W. Blum, « plus de la moitié de la population est soit morte, mutilée, en prison ou en exil à l’étranger... leur air, leur sol, leur eau, leur sang et leurs gênes sont imprégnés d’uranium appauvri... les enfants naissent avec d’abominables déformations... des bombes à fragmentation n’attendent qu’un enfant pour exploser... une rivière de sang coule aux côtés de l’Euphrate et du Tigre... dans un pays qui ne sera peut-être jamais reconstruit ». (5)


Dans le même sens P. Sacré écrit : « L’uranium appauvri permet d’augmenter la puissance de perforation des obus contre des cibles blindées ou des bâtiments. Soyons certains que l’Iran aura sa ration d’uranium appauvri, si la “diplomatie” échoue. Depuis le déferlement “libérateur” des hélicoptères et des tanks anglo-saxons […], les habitants de Fallujah [en Irak] ont 4,22 fois plus de risques de développer un cancer que les Egyptiens ou les Jordaniens. Cette probabilité est 12,6 fois plus grande chez les enfants de moins de 14 ans. Le risque de leucémie chez les personnes de 0 à 34 ans est 38,5 fois plus élevé. La mortalité infantile atteint des taux record : 80/1000, soit 4 fois les taux égyptien et jordanien. À partir de 2009, ce taux passe même à 136/1000 !! […] Les radiations provoquent des changements au niveau de l’ADN dont les effets se font en général sentir sur les descendants ». (6)
A cela, il faut ajouter les cinq millions d’orphelins irakiens recensés en 2008… Cinq millions ! Il faudrait combien de centres d’accueil, d’associations caritatives pour prendre en charge une telle masse d’enfants désemparés ? Une question, parmi tant d’autres, qu’il faudrait à l’occasion poser aux scélérats de la Maison Blanche et du Pentagone. Décidément, en dehors des sinistrés eux-mêmes, nul ne peut avoir idée de l’ampleur de la catastrophe. Le mal infligé dépasse les limites du mesurable et paraît irréversible. L’observateur, s’il s’attache à mettre des visages humains derrière les chiffres funestes, en vient à être bouleversé ad nauseam. Il est inconsolable à jamais.


A Gaza, lors de l’agression meurtrière appelée « Plomb durci » (décembre 2008), le massacre est également orchestré à coup de bombes à uranium appauvri et au phosphore blanc… C’est à ce crime effroyable contre l’humanité que le prochain papier est consacré.


Thami BOUHMOUCH
Septembre 2011

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- http://no-war.over-blog.com/categorie-11347260.html  
http://www.forumdesalternatives.org/fr/phosphore-blanc-bombes-a-fragmentation-uranium-appauvri-et-autres-babioles 
http://da90.over-blog.com/article-phosphore-blanc-bombes-a-fragmentation-uranium-appauvri-et-autres-babioles-par-thami-bouhmouch-84500383.html


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3 septembre 2011

UNIVERSITE : ASSOCIER L'ENTREPRISE A LA FORMATION DISPENSEE



A l’heure actuelle, il est question plus que jamais de maitrise des coûts, d'encadrement de qualité, d'amélioration constante des performances. Les cadres d'entreprise sont appréciés non pas selon leur ancienneté ou leur propension à se soumettre, mais eu égard à leurs compétences, à leurs capacités d'initiative, à leurs dispositions à faire évoluer le système. Or ces attributs sont intimement liés au savoir-faire et à la qualification des hommes. La valeur du potentiel humain n'est-elle pas avant tout celle de la formation reçue ?
Hier encore, l'Université marocaine, après avoir été le vivier traditionnel de recrutement des cadres, s'exposait à bien des critiques. Il fallait bien se rendre compte que son efficacité n'était pas à la mesure des défis qui la guettaient. En témoigne la durée moyenne nécessaire - qui dépassait six ans - pour l'obtention d'une licence. En témoigne surtout l'énorme déperdition sans qualification après deux ou trois années d'études. Bien plus, chaque année des milliers de licenciés allaient au-devant du monde du travail. Qu'ils soient mis en difficulté dès le premier contact, pourquoi s'en étonner eu égard au hiatus entre le savoir acquis (dans des conditions souvent insatisfaisantes) et la  pratique sur le terrain ?
Jusqu’ici, j’ai utilisé volontairement le temps du passé : est-ce à dire que les mauvais souvenirs sont derrière nous ? Depuis l’année 2004-2005, à n’en pas douter, des progrès notables ont été accomplis sur la base d'une nouvelle architecture pédagogique (LMD). Malgré tout, d’aucuns disent que la grosse industrie universitaire publique produit des profils qui ne correspondent pas pleinement aux besoins des organisations. Dans quelle mesure le reproche est-il fondé aujourd’hui?

Les choses étant ce qu'elles sont, ce problème ne saurait être abordé sans un maximum de précautions. D'ores et déjà, il importe de bien comprendre que tout système éducatif est soumis à des contraintes. L'environnement évolue rapidement et la maîtrise de cette évolution n'est pas facile. Pour résoudre continuellement le problème de l'inadéquation formation-emploi il faut que l'appareil de formation ait une flexibilité interne et une capacité de réponse tout à fait prodigieuses. Peut-on d'ailleurs prédire quels seront les profils et les compétences demandés dans dix ans ?

Une évaluation et une réforme du système universitaire ont eu lieu. L'Université, qui a vocation pour former des économistes, des juristes, des géologues, des chimistes, doit aussi faire face aux besoins pressants en spécialistes de maintenance et de contrôle qualité, en commerciaux, en fiscalistes de haut niveau, besoins ressentis par le secteur privé comme par l'administration. L'idée a prévalu que les Facultés futures doivent abandonner leur monolithisme traditionnel pour prendre une structure multiforme.

C'est à cet impératif que les Licences professionnelles (bac + 3) et les Masters (bac + 5) sont destinés à répondre. Mis en chantier il y a près de trois ans, ils  visent à greffer sur les connaissances générales du lauréat un complément de formation devant aboutir aux profils recherchés. L'initiative a en vue de diversifier l'enseignement public par la proposition de filières spécialisées. Les programmes portent sur des disciplines correspondant à des besoins clairement exprimés : marketing, relation client, gestion, finance, logistique, communication, droit de l'entreprise, génie civil, biologie, topographie, etc. On notera au passage que la conformité de l'architecture pédagogique globale aux normes internationales facilite la mobilité des lauréats.

Beaucoup de choses ont changé, notamment pour ce qui est du contenu des cours, des moyens didactiques disponibles, de la formulation des sujets d’examen (faisant appel plus à la compréhension qu’à la mémorisation). Pour la première fois à l'Université les contrôles continus sont institués et les stages en entreprise font partie intégrante du cursus de formation.
Toutes les difficultés ne sont pas pour autant aplanies. Les premiers lauréats de Licence Professionnelle, au contact avec le monde professionnel, n'ont pas tardé à le savoir : nombre de leurs interlocuteurs ne faisaient pas de différence entre le nouveau diplôme et la licence "classique". Les enseignants, au même titre que les étudiants, ont bien sûr pris acte de cette anomalie. Il y a lieu maintenant (le plus tôt sera le mieux) d'organiser périodiquement une opération de communication auprès des entreprises et des formateurs d'opinion. L'objectif est de toucher un public très large par le biais d'actions médiatiques d'envergure, de former une image institutionnelle positive de la Licence professionnelle.

Cela étant, un problème délicat et inattendu semble pouvoir naître de l’introduction inaccoutumée (a priori discordante) de l’argent dans l’espace universitaire. On sait que les nouvelles filières sont souvent payantes. Or, il est manifeste que l’apport en numéraire par l’apprenant pourrait – si l’on n’y prend pas garde – entrer en contradiction avec l’objectivité et les exigences pédagogiques, peut-être à la limite entamer la sérénité des professeurs. 
C’est précisément cette dissonance que l’on peut hélas reprocher à quelques écoles privées de la place.
Il n’y a pas lieu ici de crier au loup, mais simplement d’appréhender une dégradation possible. Il est absolument hors de question que l’étudiant établisse le moindre lien entre le paiement dont il s’acquitte et le diplôme obtenu. Ce principe sine qua non vaut d’être formulé et souligné avec force.

Les étudiants se sont toujours sentis concernés au plus haut point par le débat sur la place de l'Université dans le paysage économique. Ils tendent de plus en plus à se départir de leur attitude passive. Un nouvel état d'esprit, de nouveaux comportements sont en train de prendre forme. Il est indispensable que de telles dispositions soient approuvées et stimulées.
Si l'on pose que les filières auxquelles aspirent les étudiants doivent être conçues en tenant compte des exigences du marché, il est clair que le rôle de l'universitaire demeure capital : c'est à lui qu'il revient de conceptualiser la réalité sur le terrain. Mais qui donc mieux que les entreprises peut diagnostiquer les besoins en formation et en établir le profil précis ? Les organismes patronaux et les fédérations professionnelles s'avèrent donc à coup sûr des partenaires précieux, ils peuvent contribuer à l'identification de ces besoins.


Le monde des affaires doit résolument se mettre de la partie. Nul doute qu'en restant à l'écart des systèmes de formation, les entreprises s'exposent à rencontrer des difficultés croissantes pour trouver des réponses appropriées à leurs besoins. L'attitude timorée qui consiste à accepter des stagiaires à contrecœur équivaut à se détourner de ses responsabilités économiques et sociales. Pour les étudiants, trouver un stage ressemble à une gageure. On ne s'étonnera pas de les voir se contenter de propositions à cent lieux de leur formation. Il faut en convenir : lorsqu'une entreprise confie un travail à un stagiaire, elle ne lui fait pas une faveur. Ce dernier, s'il maîtrise ses connaissances et s'il est bien orienté, peut apporter une aide fort appréciable (1).
Dans la sphère universitaire, un changement de fonds doit être opéré pour répondre aux impératifs de l'emploi, en associant le secteur privé à la formation dispensée. Il serait souhaitable d'élaborer un programme de jumelage entre l'Entreprise et l'Université, de coupler les filières efficientes avec les chambres de commerce et d'industrie.       
A cet égard, des problèmes de financement se posent avec acuité. La solution résidera sans doute dans un cofinancement engageant et l'Etat et l'Entreprise. Celle-ci est portée à s'engager sans équivoque dans des projets de formation, pas seulement en créant et en parrainant des écoles privées, mais en finançant dans les établissements publics les filières d'avenir, en prenant en charge les programmes de formation-stage, etc.
Nombre d'entreprises mettent en place des projets de mécénat, en créant des fondations qui s'occupent du patrimoine culturel, de sport ou d'arts plastiques. Curieusement, le domaine de l'enseignement demeure ignoré. Pourtant un mécénat éducatif aurait un effet bénéfique immédiat sur l'image de l'entreprise, tout en favorisant à terme une certaine adéquation formation-emploi.

T. BOUHMOUCH
Rédigé le 19/05/2011, retouché le 03/09/2011.
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(1)  Notons au passage, sans y insister, qu'un mois de stage s'avère souvent insuffisant : l'entreprise n'a pas vraiment le temps de former l'étudiant, ni de bénéficier de son regard neuf...