23 mars 2013

TERRORISME IMPÉRIAL : The American Way of Death



« Dans la majeure partie du monde, les Etats-Unis sont considérés comme un grand pays terroriste, ce qui n’est pas sans fondement » Noam Chomsky
« On nous a dit que l’on combattait des terroristes. Le vrai terroriste, c’était moi » Mike Prysner



Chacun a bien compris l’objectif que poursuivent les faucons de Washington dans leur guerre permanente « contre le terrorisme » : le contrôle militaire de la planète, destiné à réserver aux Etats-Unis et à l’Europe l’accès exclusif aux ressources. Les officiels étasuniens et leurs comparses de l’OTAN sont aujourd'hui derrière toutes les agressions, les dévastations et les malheurs subis par l'humanité. L’imam Khomeiny ne savait-il pas de quoi il parlait lorsqu’il qualifiait les Etats-Unis de « grand Satan » ?
Lors de la guerre du Vietnam, au-dessus de l’entrée d’une base américaine on pouvait lire : « Killing is our business, and business is good ». Les « affaires » en effet marchaient vraiment bien dans ce pays martyr, où l’on comptait par millions le nombre de civils tués. Elles se sont bien maintenues même après la guerre. Les carnages se sont d’ailleurs poursuivis sur tous les continents, aussi bien directement que par l’intermédiaire d’agents locaux et de mercenaires, à chaque fois que la « sécurité nationale » étasunienne avait besoin de bases ou de cautionner des régimes complices. Le monde est assurément sous l'emprise du « American Way of Death ».  

Un Empire guerrier et criminel
L’Empire ne mène pas une vie de tout repos. Pour survivre dans un contexte de course aux ressources et de rivalités exacerbées, il est porté irrésistiblement à agresser bien des nations et peuples partout dans le monde. On a en mémoire le constat que Lénine avait établi en 1916 : « l’impérialisme est le stade suprême du capitalisme ». Pour les Etats-Unis et l’Europe, la vassalisation des pays du Sud est bel et bien vitale, sans quoi ils se retrouveraient démunis et vulnérables.
De là, la violence absolue est une composante intrinsèque de l’impérialisme. La pègre étasunienne responsable des invasions, des campagnes de bombardement, des assassinats (notoires ou occultes), n’est-on pas en droit de la qualifier de terroriste ? Non, disent en chœur les média-menteurs, qui affectent ce terme exclusivement aux pays musulmans.
Lorsque Bush II est arrivé au pouvoir, de nombreux personnages au passé trouble ont été nommés aux plus hautes sphères du gouvernement. « Nombre d’entre eux étaient bien connus en Amérique latine, et particulièrement à Cuba, où ils avaient démontré leur capacité de nuire. Negroponte, Abrams, Bolton, Powell... tous avaient un CV bien chargé ». (1) La violence extrême est au fond inscrite dans le tissu social des Etats-Unis. Dans ce pays de 300 millions d’habitants, 90 millions possèdent 200 millions d’armes à feu. D’innombrables homicides et près de la moitié des vols sont commis avec usage d’armes à feu. Ce pays est le plus gros consommateur de drogues au monde, ainsi que le plus gros vendeur d’armes.
Légitimées par l’article « Activités terroristes » du Patriotic Act, la torture et la cruauté pour tirer des aveux aux suspects, les arrestations sans accusation ni procès, les détentions illimitées (Guantánamo) sont devenues usuelles et ordinaires. The New York Times, en novembre 2010, n’a pas hésité à publier un article où il est dit que les assassinats politiques sont légaux. Julian Assange (Wikileaks), n’est-il pas l’homme qu’on a tenté de réduire au silence et contre lequel on a appelé au meurtre ? Un des théoriciens de l’impérialisme « humanitaire », Geoffrey Robertson, a affirmé que, malgré les apparences, violer le droit international est légal. John Yoo, qui a coaché Bush II en matière de torture des prisonniers, a recommandé à l’administration Obama d’ignorer la Charte des Nations-Unies.


« L’Etat étasunien, disait Hugo Chavez, est un État manqué, qui agit sans tenir compte du droit international, qui ne respecte absolument rien et qui, par-dessus le marché, se sent parfaitement en droit de le faire, qui ne répond de rien devant personne ». (2) Oussama Ben Laden, en mai 2011, a fini pas être assassiné d’une façon fourbe et insultante. Le journal Washington Post ne se bornait pas à jubiler à cet exploit, mais incitait Obama à agir de la même manière pour éliminer le président Kadhafi et ses enfants. Les dirigeants étasuniens ont ainsi enfreint deux lois internationales : l’assassinat politique et la violation jusqu'au-boutiste de la souveraineté d’un État. Il est vrai qu’ils ne sont plus à une transgression près. On notera que, pour ce qui est du « terrorisme de grande échelle, responsable du meurtre de milliers d’innocents » (dixit Obama), Ben Laden passait pour un néophyte, en comparaison avec les serial killers de Washington (des dizaines de milliers d’innocents vietnamiens, guatémaltèques, irakiens, afghans, libyens, etc.).
Dans les années 80, comme le note Noam Chomsky, il y a eu des dizaines de milliers de morts dans le seul Nicaragua : « Le pays a été presque entièrement détruit, il ne s’en relèvera peut-être jamais. Cet attentat terroriste international s’est accompagné d’une guerre économique dévastatrice, qu’un petit pays, isolé par une superpuissance vindicative et cruelle, pouvait difficilement supporter… Mais les Nicaraguayens n’ont pas répliqué en lançant des bombes sur Washington ». (3) Les citoyens étasuniens, connus pour leur jobardise, prennent-ils réellement la mesure des atrocités commises, sont-ils au moins au courant ? L’aveuglement impérial a fini par les discréditer à l’extrême dans le reste du monde. L’un d’eux en est bien conscient : « Nous ne voyons jamais le feu et la fumée, nous ne sentons jamais l’odeur du sang, nous ne croisons jamais les regards terrorisés des enfants dont les cauchemars seront désormais hantés par des missiles hurlants tirés par les terroristes invisibles, connus sous le nom d’Américains ». (4)  
C’est l’impérialisme guerrier, destructeur et pillard qui dicte sa loi aux Etats « ventre mou ». Il y a douze ans, Bush avait proféré cette menace insolente et puérile : « Chaque pays, dans chaque région, doit maintenant prendre une décision. Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec les terroristes ». L’Europe a ainsi pris le parti de s’aligner au jour le jour sur les décisions de Washington. Quant aux petits gabarits, comme le Maroc, ils n’ont d’autre choix que de collaborer avec entrain à « la croisade contre le terrorisme »…

La boîte de pandore est ouverte
Les instigateurs d’une grande guerre, afin de faire basculer l’opinion publique en leur faveur, doivent s’appuyer au départ sur un grand média-mensonge. En 1965, pour déclencher la guerre du Vietnam, il a fallu inventer de toutes pièces une attaque vietnamienne contre des navires étasuniens (dans la baie du Tonkin). En 1983, une prétendue menace terroriste, censée viser les Etats-Unis, a servi de prétexte à l’attaque de Grenade. On a longtemps fabulé à propos de Ben Laden pour légitimer l’invasion et l’occupation de l’Afghanistan. Aujourd’hui, Obama insinue dans tous ses discours, que les « terroristes » sont capables de fabriquer de petites bombes nucléaires, appelées comme il se doit « bombes sales ».
L’histoire rebattue du « 11 septembre » a été du pain béni. Le « terrorisme », qu’on n’a jamais pris la peine d’expliciter, est le Satan tombé du ciel, l’épouvantail qui permet d’organiser des expéditions punitives ici et là, semant la dévastation et la mort. Il a servi à agresser l'Afghanistan et l'Irak, à diaboliser les résistances en Palestine, dans le monde arabe et en Amérique latine ; il a aussi servi à attaquer les droits de l’homme aux Etats-Unis et en Europe. L’argument est si commode qu’en 2003 le Congrès US accusait à son tour la Syrie pour son « soutien au terrorisme international » et accordait à l’armée le droit d’entrer en guerre au moment opportun contre ce pays. La combine appelée « Axe du Mal » a été trouvée pour désigner l’Irak, l’Iran et la Corée du Nord, accusés de soutenir les « terroristes » en sous-main et d’avoir conclu « un pacte secret pour détruire les Etats-Unis » (dixit Bush en 2002). Le bon peuple américain est prêt à avaler toutes les couleuvres sans rechigner.
Le pot aux roses a finalement été découvert : il y a un an, la secrétaire d’Etat Clinton  a révélé que l’organisation Al-Qaïda a été tout simplement fabriquée par son pays. « Les gens que nous combattons aujourd’hui, nous les avons créés ; c’est lors de la lutte hégémonique entre les Etats-Unis et l’URSS pendant la guerre froide que cette création a eu lieu ». (5)
Une autre trouvaille perfide pour blanchir l’ingérence militaire dans des pays souverains est l’intervention « au nom de la démocratie et des droits de l’Homme ». La motivation est prétendument humanitaire : on est censé agir pour sauver une population sans défense, victime d’un autocrate sans scrupules. C’est ce qui s’est passé au Kosovo, en Irak et en Afghanistan. Outre la force matérielle, l’hégémonie s’appuie fondamentalement sur la manipulation et les épouvantails illusoires. Le Jeu Call of Duty Black Ops, au début de son lancement,  a été vendu à 5,6 millions d’exemplaires. Le scénario proposé aux joueurs vaut le détour : « votre devoir est de tuer Fidel Castro. Ce satané communiste veut (lui aussi) raser les Etats-Unis à coups de bombes atomiques. Il faut empêcher les terroristes communistes d’attaquer les Etats-Unis et de détruire le monde »… (6) Tels sont les préceptes que les enfants mémorisent.

Ainsi, de par son arrogance et son fanatisme périlleux, l’Empire poursuit sa course droit dans le mur. On a recensé les attaques par des bombardements, les actes de sabotage et les renversements de gouvernements (ou tentatives) depuis la seconde guerre mondiale. Le score des agressions étasuniennes est éloquent : 51 (contre zéro pour l’Iran). (7) Les faucons de Washington affirment que le pays n’a plus d’argent pour payer les fonctionnaires,  les infirmières et les enseignants ; en même temps, ils mènent une politique impérialiste coûteuse au profit des compagnies pétrolières, des prédateurs militaro-industriels et autres grandes banques. Le peuple américain a été prodigieusement floué. Il s’est mué en troupeau qui suit aveuglément ses chefs, qui applaudit ardemment ceux qui tuent, pillent et détruisent…

Thami BOUHMOUCH
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(3) Cité par Sébastien Fontenelle, http://www.politis.fr/Justice-Est-Faite,13998.html  Mai 2011.
(4) Martin Kelly, cité par William Blum, http://www.michelcollon.info/Que-Dieu-benisse-l-Amerique-et-ses.html  Juin 2011.





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