29 mars 2013

TERRORISME IMPERIAL : quand règne la loi de la jungle



« L’impérialisme US est déconnecté de la réalité. Il vit dans le monde magique de Disney où tout est beau et tout lui réussit » Mohamed Hassan



L’Empire étasunien s’adonne fanatiquement, partout dans le monde et au mépris total de la légalité internationale à un terrorisme multiforme et cruel, établi sur des actions de désinformation de grande envergure. La conspiration menée contre les nations excommuniées est manifeste, en particulier celle haineuse et vindicative visant le monde arabo-musulman.


Complots et agressions à foison
Quelques jours après les fameux « attentats du 11/09 », Rumsfeld, le grand criminel du Pentagone, présentait aux dirigeants militaires un mémo dans lequel il est précisé que 7 pays devaient « passer à la casserole » : l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, le Liban, la Syrie, le Soudan et l’Iran. Près d’un an après, un membre néoconservateur du Congrès s’est écrié : « Nous devons en finir avec les régimes terroristes, à commencer par les trois grands : Iran, Irak et Syrie. Puis nous nous occuperons de l’Arabie saoudite… Nous ne voulons de stabilité ni en Irak, ni en Syrie, ni au Liban, ni en Iran ou en Arabie saoudite. Nous voulons que les choses changent. La question n’est pas de savoir s’il faut déstabiliser mais comment le faire ». (1)
Depuis cette date, alors qu’au Pakistan les assassinats par les drones sont devenus quotidiens, l’Iran fait face à une politique d’encerclement acharnée. Classé dans « l’Axe du Mal », ce pays se retrouve cerné à l’Est (Afghanistan) comme à l’Ouest (Irak) de soldats yankees, flanqués d’une multitude de mercenaires payés par le Pentagone.
A l’autre bout du globe, Cuba est confronté à un terrorisme politique, économique et militaire (blocus dès 1961), lequel est doublé d’un terrorisme intellectuel et médiatique hautement dispendieux… Il est clair que c’est à un petit pays et à sa révolution que les maîtres de Washington ont déclaré la guerre. « Pendant des dizaines d’années, ils utiliseront toute la panoplie terroriste pour tenter d’assassiner Fidel, jusqu’à la combinaison de plongée sous-marine enduite de poison, faciliteront le débarquement de groupes armés, financeront et manipuleront les opposants, détruiront des usines, allant jusqu’à introduire la peste porcine et des virus s’attaquant au tabac et à la canne à sucre. Ils organiseront l’asphyxie économique de l’île en décrétant un embargo toujours en vigueur ». (2)
Les Etats-Unis, dès les années 60, recrutent et protègent des terroristes anti-cubains notoires, tels Orlando Bosch et Luis Posada Carriles. Ce dernier a préparé et commandité en 1976 l’attentat en plein vol de l’avion de ligne cubain (73 tués) et en 1997 une vague d’attentats dans des lieux touristiques à Cuba… Comment ne pas avoir de l’admiration pour un pays de douze millions d’habitants ayant pu résister durant un demi-siècle à un terrorisme d’État enragé, à des attaques médiatiques impétueuses et incessantes, aux agressions de l’armée la plus puissante de la planète ?
En Amérique Latine, l’ambassade étasunienne est la cheville ouvrière de toutes les conspirations et tentatives de putsch : au Venezuela en 2002, en Bolivie en 2008, au Honduras en 2009, en Équateur en 2010… Evo Morales, une fois, a été prévenu par un de ses proches : « Président Evo, vous devez vous méfier de l’ambassade des Etats-Unis. Il y a toujours eu des coups d’État en Amérique latine. Le seul endroit où il n’y a pas eu de coups d’État, c’est aux Etats-Unis, parce qu’il n’y a pas d’ambassade étasunienne ». (3)

La fourberie, arme de destruction massive
L’Empire ne peut crier sur les toits qu’il veut nuire à un pays en vue de le soumettre et le piller. Il doit toujours inventer un motif apparent, même si c’est une histoire totalement loufoque. Les médias se chargeront de la colporter et la bonifier.
Ainsi la compagnie aérienne du Venezuela, du fait qu’elle effectue des vols entre Caracas, la Syrie et l’Iran, a été accusée par les congressistes étasuniens de « transporter du matériel radioactif, des armes, des drogues et des terroristes connus du Hezbollah et de l’Iran ». On a longtemps asséné que le président Chavez n’était qu’un « populiste despotique », alors qu’il jouissait d’une très forte popularité au sein de la population, laquelle a largement profité de programmes sociaux exceptionnels réalisés depuis quinze ans. Cet homme intègre et efficace cristallisait la haine des milieux financiers locaux et internationaux. On ne lui pardonnait pas ses fréquentations du président iranien Ahmadinejad (étiqueté « terrible dictateur antisémite »). Il y a peu, nombre de dirigeants étasuniens se sont réjoui de sa maladie et fêté ensuite sa mort.
Au Moyen-Orient, on a usé des leurres sans aucune retenue ni contrainte. D’aucuns se souviennent encore de ce journaliste de CNN qui, en 2001, demanda à un vieux chef taliban si son pays était à l’origine des attaques à l’anthrax. Visiblement, celui-ci ne savait pas ce qu’était l’anthrax. La chaîne étasunienne cherchait coûte que coûte à présenter cet homme modeste comme un dangereux terroriste !... C’est grâce à ce genre de tartufferie que les Etats-Unis ont pu envahir l’Afghanistan. Il en a été de même pour l’Irak, qui a subi l’une des guerres les plus ignominieuses de l'histoire moderne. Sur la base d'un mensonge, d’une action de propagande piteuse, une coalition de forcenés a entrepris de dévaster méthodiquement le berceau de la civilisation. Le mal infligé dépasse les limites du mesurable et paraît irréversible.
La Syrie est le seul pays arabe véritablement indépendant. Aujourd'hui, au sujet de ce pays, les contrevérités sont incroyablement diaboliques. Les médias occidentaux officiels (qui ont déjà excellé dans la diabolisation de Castro, de Chavez, d’Ahmadinejad et de Gbagbo) endossent en hâte l’image d’un « Assad, autocrate sanguinaire ». Le chef de l’Etat syrien a récemment déclaré à la télévision (en substance) : « Peut-on parler d'une révolution en Syrie ? Les révolutionnaires n'assassinent pas des civils à tour de bras. Les révolutionnaires ne détruisent pas les infrastructures. Les révolutionnaires ne sont pas introduits de l'extérieur, ne sont pas payés par des étrangers pour exécuter leurs ordres ». A diverses reprises il a proposé un dialogue national afin de trouver une solution politique consensuelle à la crise. En vain… Un certain Fabius en France est allé jusqu’à appeler à son assassinat… Pourquoi pas ? On a bien assassiné Khadafi…
Pour agresser des pays, il y a un siècle, l’Empire recourait déjà à la mystification. Il n’est que de penser aux carnages et souffrances infligés à Haïti entre 1915 et 1935. Les résistants à l’oppression, qualifiés bien sûr de « terroristes », ont été systématiquement massacrés. D’un côté, le commandant des troupes écrivait dans son rapport : « j’ai traqué ces salauds comme des cochons » ; de l’autre, le New York Times glorifiait ces interventions : « Nous allons tout simplement là-bas […] pour aider notre frère noir à remettre de l’ordre dans sa maison en désordre ». La première priorité du régime fantoche mis en place (en 1935) « fut la destruction des petits propriétaires terriens et des paysans libres. 40.000 familles furent chassées de leurs terres. Chaque fois, lorsque des mesures de ce genre déclenchaient des résistances, celles-ci étaient réprimées dans le sang avec l’aide des Etats-Unis ». (4)

Le choix de la loi de la jungle
Les dirigeants étasuniens et leurs vassaux européens seront-ils un jour jugés pour crimes contre l'humanité ? En Afghanistan, la croisade « antiterroriste » a permis de faire déferler les drones sans le moindre scrupule, de perpétrer des raids meurtriers en permanence. « Des milliers de civils ont été tués, les divisions ethniques ont été exacerbées et ont plongé le pays dans le chaos, l’économie et de nombreuses infrastructures ont été détruites, mais le commerce de l'opium a connu un regain d'activité intense avec l'aide de la CIA  (plus de 60% de l’héroïne vendue dans le monde viendrait d’Afghanistan, contre 0 % du temps des Talibans) ». (5)
En Irak, Washington a créé et entraîné la « brigade des loups », à laquelle l’armée remettait les prisonniers pour qu’ils soient torturés – souvent à mort – à l’aide de perceuses électriques et de décharges électriques à haute tension… « Bush, note Chomsky, a donné les ordres de commettre le crime international suprême […] pour lequel les criminels nazis ont été pendus : des centaines de milliers de morts, des millions de réfugiés, la destruction de la plus grande partie du pays, dans un conflit sectaire cruel qui maintenant a gagné le reste de la région ». (6) Aujourd’hui, l’Irak a effectivement sombré dans l’âge des ténèbres.
Le tour de la Syrie est finalement arrivé. Etiquetée « obstacle à la politique américaine au Moyen-Orient », elle fait l’objet d’une politique terroriste appelée ironiquement « instabilité constructive », d’une guerre d’agression vindicative, financée sans aucune réserve par les milliards du Qatar et de l’Arabie Saoudite. Quels en sont les objectifs ? Exacerber les conflits ethnico-confessionnels, favoriser le morcellement politique et territorial, paralyser la production, briser la société, détruire la structure de l’État.
L’Empire agresse qui il veut, quand il veut. Lorsqu’un journaliste a dit que la plupart des Américains ne considéraient pas Cuba comme une menace, la représentante d’extrême-droite de la Floride a répondu : « Et quelle était la menace lorsque nous avons envahi Panama ? Pensions-nous que l’armée de Noriega allait nous envahir ? Et quelle était la menace lors de la guerre du Golfe ? Allaient-ils envoyer leurs avions... et nous envahir ? Il n’y avait pas de menace... et cela ne nous a pourtant pas empêché d’employer la force ». N’ayant pas peur de manquer de retenue, elle a ajouté : « j’applaudirais si quelqu’un devait assassiner Fidel Castro »(7)
Partout, les gouvernements sont tenus en joue par la présence de bases militaires ou par la création de rebellions. Seuls les larbins dévoyés de l’impérialisme sont épargnés et maintenus en selle. Au Yémen, par exemple, Saleh s’est beaucoup démené pour être un allié de Washington dans la « guerre contre le terrorisme », en s’en prenant aux éléments islamistes, ses alliés d’antan. Résultat : il a permis de bon cœur à l’armée étasunienne et à la CIA de lancer des attaques quotidiennes par les drones et les escadrons de la mort.
L’Afrique, bien entendu, n’est pas en reste de projets terroristes. Pour l’impérialisme pillard et racketteur, il n’est pas question de laisser ce continent riche s’échapper, en se réfugiant dans le giron chinois. Il décide donc d’utiliser sa meilleure carte : l’agression militaire. L’objectif d’Africom est ainsi clair : « stabiliser la dépendance de l’Afrique, l’empêcher de s’émanciper, l’empêcher de devenir un acteur indépendant qui pourrait s’allier à la Chine et à l’Amérique latine. Africom constitue une arme essentielle dans les plans de domination mondiale des Etats-Unis... Washington veut contrôler entièrement l’Afrique et fermer la porte aux Chinois ». (8) Le pétrole du Nigeria notamment doit être mis au service exclusif de la sécurité énergétique des Etats-Unis. Moyennant quoi les leaders fantoches peuvent gaspiller la rente à leur guise et inciter le peuple à s’entretuer pour une quelconque brouille ethnique.
La politique de l’Empire, fondée sur le mensonge, les agressions et le racket, laisse entrevoir un effondrement moral effrayant. « L'irrespect continu de la légalité internationale et de la Charte des Nations Unies a conduit les dirigeants étasuniens à ne plus tenir compte, de plus en plus souvent, des usages et des règles diplomatiques dans les relations entre Etats souverains, que la civilisation a historiquement construits au cours des siècles… ». (9)

Fanatisme, ignorance et racisme
Les Etats-Unis, pour reprendre l’expression incisive de Lode Vanoost, seraient-ils « un pays réactionnaire saturé de fanatiques ignares » ? Pendant toute son histoire, ce pays a instauré le racisme le plus infâme. Il procède, il est vrai, d’un colonialisme de peuplement, le genre le plus sauvage, parce qu’il requiert l’extermination de la population autochtone (c'est pourquoi les Etasuniens sympathisent d’emblée avec les colons sionistes en terre de Palestine). « Depuis la création de ce pays, le racisme est employé pour justifier l’expansion et l’oppression : on appelait les autochtones des sauvages, on donnait toute sorte de noms aux Africains pour justifier l’esclavage et les vétérans du Vietnam connaissent une panoplie de termes utilisés pour justifier cette guerre impérialiste ». (10)
Les soldats yankees ne sont pas entrainés seulement à tuer. On les a bourrés de préjugés haineux et leur a inculqué le mépris le plus abject pour leurs victimes. Il y a un an en Afghanistan, des bidasses ivres ont tué 17 villageois pendant leur sommeil. Ils riaient en tirant dans tous les sens ; ils ont ensuite versé des produits chimiques sur leurs cadavres et les ont brûlés… Comment ces soldats, incités à tuer et à haïr violemment les peuples qu’ils envahissent, pourraient-ils à la longue ne pas devenir fous ?
Les tensions et les périls extrêmes infligés au monde par l’administration étasunienne ont atteint un niveau dans le cynisme, la barbarie et le viol de la légalité internationale jamais égalé dans la série d’agressions menées sans discontinuer depuis des décennies. En seulement dix ans, combien de milliers de tonnes de bombes l’Empire a-t-il déversés sur l’Irak et sur l’Afghanistan ? Combien de satrapes a-t-il soutenus ? Combien d’agressions israéliennes a-t-il financées, appuyées et armées ? On ne dira jamais assez l’impact de l’injustice historique subie par les Palestiniens dans la conscience des peuples arabes et des Musulmans.

L’arrogance et la barbarie s’aggravent au fil des ans, entraînant un sentiment d’antiaméricanisme croissant. Les Etasuniens n’ont pas pu soumettre l’Irak comme ils l’avaient prévu ; ils sont en train de quitter l’Afghanistan ; leur ambassade a été récemment attaquée en Egypte…  Ceux qui sèment le vent, vont-ils un jour récolter la tempête ?

Thami BOUHMOUCH
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(1) Michael Ledeen, un néo-conservateur proche de Bush, in « The War against the Terror Masters », septembre 2002, cité in : http://www.legrandsoir.info/moyen-orient-le-plan-americano-israelien.html  Novembre 2012.
(3) Cité par Fidel Castro, http://www.granma.cu/frances/reflexions/26noviem-reflexiones.html Novembre 2010.
(6) Noam Chomsky, http://polymedia.skynetblogs.be/tag/jihad Mai 2011.
(7) Il s’agit d’Ileana Ros-Lehtinen, citée par Jane Franklin, http://www.legrandsoir.info/Le-nouveau-jeu-cubain-Z-Net.html  Décembre 2010. Je souligne.
(9) Claude Beaulieu, Geneviève Blache, http://www.comite-valmy.org/spip.php?article3067   Décembre 2012.
(10) Mike Prysner, membre d’IVAW, cité in http://www.europalestine.com/spip.php?article7008  Mars 2012.


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