2 juillet 2011

ISRAËL, LA BRIDE SUR LE COU [1/3]


Fourberie et contrevérités



 « Si l'on ment, il faut mentir jusqu'au bout. Il faut du mensonge faire un acte de foi »  D. Lévy-Chedeville

Le drame palestinien a débuté en 1917, lors de la fondation du «foyer national juif», avec la complicité du gouvernement britannique et de la Société des Nations. La déclaration Balfour visait probablement en sous-main à éloigner les juifs d’Europe. Les dignitaires antisionistes, qui s’y étaient opposés à l’époque, l’avaient qualifiée d’antisémite. L’idée était que l’émigration des juifs de la diaspora allait se faire sous la contrainte et susciterait des soupçons sur leur fidélité à leurs pays respectifs... Toujours est-il que depuis cette date, l'entité sioniste a occasionné les destructions et souffrances les plus alarmantes. Des individus fanatisés venus de Pologne, de Kiev, de Biélorussie, de Grande Bretagne, etc. se déclarent maîtres des lieux, font main basse sur les terres, planifient les expulsions, la mort et la dévastation.
A l’instar des Afrikaners, leur hégémonie ne pouvait se fonder que sur un système politique sordide et avant tout sur une oppression militaire implacable. Zéev Jabotinsky, un dirigeant sioniste (né en Ukraine), l’a exprimé ainsi : «Le sionisme est une aventure de colonisation et c’est pour cela qu’elle est dépendante d’une force armée» (son livre «Le mur de fer», 1923). Raphael Eitan, un chef militaire (de parents russes), est plus explicite : «La force est l’unique chose qu’ils [les Arabes] comprennent. Nous devons utiliser la force absolue jusqu’à ce que les palestiniens viennent ramper devant nous» (Journal Yediot Aharonot du 13/04/83)... L’Ouganda revient de loin : ce pays a failli en 1903 faire les frais d’un projet d'implantation juive (sur proposition britannique).
A mon sens, l’hégémonie impudente d’Israël est due à deux facteurs clés : une propension phénoménale à falsifier la vérité, appuyée sur un vaste réseau de propagande et de désinformation (partie 1) ; le soutien coupable et avilissant des Etats et médias occidentaux (partie 2). Le présent article se limite au premier.

« Nous avons pris leur pays »
Le peuple palestinien a affaire à un adversaire «sûr de lui et dominateur» (C. De Gaulle, 1967), un adversaire fourbe et d’une cruauté inégalée. Les leaders israéliens successifs savent s’y prendre pour dire le contraire de ce qu’ils font (ou ce qu’ils comptent faire). Ils inventent sans relâche les échappatoires et les esquives, créent les faits accomplis sur le terrain. Lorsqu'ils s'engagent le matin, c'est pour se rétracter le soir. On déclare devant les caméras que tel point de passage sera ouvert et l’on s’aperçoit qu’il est (presque) toujours fermé. On annonce que les pourparlers avec les Palestiniens doivent s’engager sans condition préalable ; deux jours après, on crée la surprise en posant une condition sine qua non : reconnaître «Israël en tant qu’Etat juif». On promet à chaque fois de stopper la colonisation, cependant que les constructions se poursuivent furtivement (plus de 100 colonies ont été créées depuis les accords d’Oslo).
Les «accords» signés sont systématiquement foulés aux pieds. Le phénomène a pris une ampleur invraisemblable. La boutade de Ben Gourion, à cet égard, est très éloquente : «Si j'étais un leader arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C'est normal, nous avons pris leur pays» (cité par Nahum Goldmann dans «Le paradoxe juif», 1976). La bravade est prononcée haut et fort, sur un ton plein de morgue et de dérision.
Le rêve de Sharon était de refouler (vers n'importe où) plus de 60 % des Palestiniens de Cisjordanie pour y implanter un million de Juifs (de n'importe où). Des milliers d’habitations palestiniennes sont démolies régulièrement sous des prétextes extravagants. Il arrive souvent que des colons s’emparent des maisons évacuées sous la protection active et prévenante de l’armée. Assister en spectateur à la destruction ou la confiscation de son foyer, se retrouver dans la rue avec ses enfants et quelques ustensiles sauvés à la hâte : nul ne peut imaginer ce que les victimes ressentent. Jamais dans l’histoire, une force d’occupation n’a été aussi haineuse, aussi inhumaine.

Expatrier une population (des autochtones), transplanter une autre (des colons)… rien ne semble mettre fin à la tragédie. L’ordre d'expulsion relève d'un programme mûrement réfléchi : déposséder et chasser le plus grand nombre possible de Palestiniens. «Nous devons tout faire, disait Ben Gourion, pour nous assurer qu’ils ne reviennent pasLes vieux mourront et les jeunes oublieront» (18/07/48, voir www.france-palestine.org)...
Le monde, à force de prêter le flanc à la manipulation, finit par oublier que l'occupation est la cause de toutes les atrocités. Les Palestiniens sont des sinistrés. Affaiblis par 60 ans de détresse, trahis par les uns et les autres, ils sont devenus vulnérables. Ils ont perdu la terre, celle de leurs ancêtres, font face à la fois à une puissance mondiale et à une puissance régionale ; ils ne bénéficient pas du soutien des médias internationaux, ne peuvent pas compter sur les Etats voisins... 
Embarqués dans des pourparlers chimériques, ils regardent passer les décennies perdues. Le train-train est bien connu : la partie israélienne fait mine de négocier et le médiateur américain est à la fois juge et partie. Les choses étaient pourtant claires, comme le clamait Z. Jabotinsky : «Une réconciliation volontaire avec les Arabes est hors de question, que ce soit maintenant ou dans le futur» (son livre «Le mur de fer», 1923). On comprend pourquoi le «processus de paix» – dont la simple évocation semble aujourd'hui suffire en elle-même – a l’air d’un canular reproductible à l’infini. Les mots sont en train de prévaloir sur les faits.

Bluffs et leurres à la pelle
Les extrémistes sionistes – comme jadis les Blancs d’Afrique du Sud – savent légitimer leurs tueries, diaboliser leurs victimes. Ils recourent toujours aux mêmes rengaines : celles de «la menace de destruction d'Israël», des «juifs jetés à la mer», de la «montée de l'antisémitisme en Europe», des «liens terroristes internationaux», du droit à la «légitime défense»... Les artifices sur mesure, dont sont truffés les manuels d’histoire, font le lit de l’extrémisme israélien, décuplent la violence et la haine à l’égard du Palestinien. Farder la vérité est une armature essentielle du projet sioniste. Un certain général Matityaha Pelet l’admettait, explicitement et en connaissance de cause : «La thèse du danger d’un génocide qui nous menaçait en juin 67 et qu’Israël se battait pour son existence physique était seulement du bluff…» (Journal Ha’aretz du 19/03/72). Un bluff qui a partout très bien pris.
Vous voulez savoir comment raisonnent les leaders sionistes ? La déclaration de Netanhyahu, à cet égard, est assez caractéristique : «Israël aurait dû exploiter la répression des manifestations en Chine lorsque l’attention du monde s’est focalisée sur ce pays, pour mettre à exécution des expulsions massives parmi les Arabes des territoires» (Journal Hotam du 24/11/89). Comment peut-on se fier aux simagrées étalées sur la scène ? Les forfaits du sionisme, c’est ce qui se passe derrière les décors, hors de la vue du spectateur.


Des civils sont-ils tués sur la plage de Gaza par un obus israélien ? On produira «l’information» selon laquelle une mine posée par le Hamas est à l’origine de l’hécatombe… et les médias (à la botte des lobbies ou par réflexe conditionné) marchent tête baissée. Le nec plus ultra de la perfidie, c’est lorsque les alliés inconditionnels sont assaillis pour leur «manque» de dévouement à la cause du sionisme. Témoin le site «La voix de la communauté juive en France» qui s’en prend aux  médias français, accusés de «partialité et de dénigrement systématique d’Israël» !... Déroutant, n’est-ce pas ? Il suffit de voir le parti pris véreux de France 2, RFI, Arte et France 24 en faveur des menées israéliennes pour mesurer l’ampleur de l’intoxication sioniste. Et voilà que le 2 août dernier S. Peres accuse l’establishment britannique d’être «profondément hostile à Israël» et de «prendre parti pour les Arabes» ! Il ne faut pas avoir peur de trop forcer sur les leurres (et les jérémiades)…
Dirigé par une extrême-droite machiavélique, l’Etat colonial prône ouvertement l’épuration ethnique. C’est un Etat au-dessus des lois, dont l’armée est prédisposée à piller, affamer et massacrer des civils. C’est par ailleurs un espace où règne une atmosphère d’animosité et de violence impitoyables – du fait non pas de «l’ennemi» en face, mais bien de la manière dont les israéliens se comportent les uns avec les autres. Les ashkénazes manifestent un mépris hautain à l’égard des sépharades et des arrivants d’Europe de l’Est ; les ultra-orthodoxes et les laïcs ne cessent de s’entre-déchirer ; les falashas noirs, mal aimés et mal lotis, doivent batailler pour survivre... Un tissu social hétéroclite et profondément déséquilibré, c’est le poison quotidien de l’entité sioniste.
Qu’importe, la machine de propagande a réussi à faire passer les agresseurs pour des êtres évolués, «acquis aux valeurs de l’Occident», assaillis de toutes parts par des brutes incultes, sans foi ni loi. Cela ne vous rappelle-t-il pas les films westerns des années 50 et 60, où les indiens personnifiaient toujours les barbares, les «méchants» ?... Le vocabulaire utilisé participe à la mystification : le terme «conflit» permet de faire l’impasse sur l’acte de spoliation, en laissant sous-entendre qu’une lutte armée a lieu entre deux Etats aux motivations contradictoires. 
L’opinion internationale a vite gobé la distinction entre les colonies «légales» et les colonies «irrégulières» ou «sauvages». S’agissant d’expulsions, de démolition de logements, de piraterie en haute mer, d’assassinats de civils, on dira par exemple «la Knesset a voté…», «la haute cour a ratifié…», «conformément à telle loi», etc. Les crimes sont accoutrés d’une parure de légalité et, là encore, les médias (y compris arabes) suivent tête baissée.


Qu’en est-il maintenant de ce subterfuge nommé « terrorisme » et de l’histoire des « bêtes marchant sur deux pattes » ? C’est l’objet du prochain billet.

Thami BOUHMOUCH
Aoùt 2010



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