Le marketing, du moins dans sa perspective formalisée, est une idée relativement nouvelle dans la pratique des échanges. Désormais, l'entreprise s'oriente systématiquement vers le marché. Elle sait que sa pérennité dépend fondamentalement de son aptitude à satisfaire les besoins actuels et futurs du consommateur. Elle veut comprendre celui-ci afin de répondre à l'exigence de valeur qu'il a définie et à laquelle il s'attend.
Recueil d'articles en français sur le marketing, l'entreprise, la société, la politique internationale. Mes écrits peuvent être librement repris et partagés à des fins non commerciales – à la condition de ne pas les modifier, de mentionner l'auteur et l'URL d'origine activée.
3 mai 2025
LE MARKETING OBEIT-IL A UNE MORALE ÉGOÏSTE ? [1/2]
Le marketing, du moins dans sa perspective formalisée, est une idée relativement nouvelle dans la pratique des échanges. Désormais, l'entreprise s'oriente systématiquement vers le marché. Elle sait que sa pérennité dépend fondamentalement de son aptitude à satisfaire les besoins actuels et futurs du consommateur. Elle veut comprendre celui-ci afin de répondre à l'exigence de valeur qu'il a définie et à laquelle il s'attend.
2 février 2024
ODD PRICING OU LA TACTIQUE DES PRIX EN TROMPE-L'ŒIL
Série : Marketing
Dans les grandes surfaces et divers types de magasins (vêtements, cuir, cosmétiques…), l’écrasante majorité des prix affichés sont des nombres à virgule se terminant par les décimales 95 ou même 99. (1) Comment cette pratique très largement répandue est-elle perçue par le grand public ? Comment agit-elle sur la perception de l’acheteur potentiel ? Correspond-elle bien au fonctionnement de son psyché ? Quel est son effet sur les ventes et les bénéfices réalisés par le détaillant ?
Les distributeurs qui adoptent la méthode de
fixation des prix, appelée « odd princing », estiment pour ce
qui est des ventes réalisées qu’elle produit parfaitement l’effet voulu. En anglais, odd veut
dire : étrange, impair (dont la
division par 2 ne donne pas un nombre entier). Ce mot prend aussi le sens de
« et quelques » (par exemple « 19 et quelques »). En
français, c’est le terme impair qui est communément utilisé…
Les
prix impairs, appelés également prix magiques, prix psychologiques, prix intuitifs,
prix en trompe-l'œil ne sont
pas basés sur des calculs stricts. Appliquée aux produits mis en vente au détail, cette méthode de tarification consiste à
fixer un prix en nombre impair juste
en dessous du nombre pair/entier le plus proche, se
terminant par 95 ou 99 après la virgule. On
parle alors de prix « jamais ronds » ou « en dessous de la barre ».
Par exemple : 19,99 ou 99,95 au lieu de 20 ou 100. Le niveau du prix annoncé
est de fait en dessous de la « barrière psychologique ».
Cette
astuce se fonde sur l’idée que les prix ainsi maniés ont un
impact psychologique considérable sur
l’esprit de l’acheteur
potentiel. C’est
un procédé de brouillage
des prix par lequel les chiffres sont agencés de
manière à influer sur la perception de la valeur du produit proposé.
Dans un point de vente, un article de 199,95 ou 199,99 est perçu sensiblement comme moins onéreux
que si son prix était 200. Alors que le prix pair suggère intuitivement que le détaillant l’a
arrondi au nombre entier supérieur, le prix impair (et comportant
une virgule) donne l’impression d’avoir
été « étudié » scrupuleusement avant d’être affiché, que la marchandise, présumée
offerte au prix le plus bas possible,
« n’est pas chère ». Le prix dans ce cas parait
donc crédible, donne une impression d’honnêteté de la part du
commerçant et suscite une certaine confiance.
Cette technique de vente dérive en fait de l’idée de seuil psychologique. Le but est bel et bien de maquiller le prix, de camoufler le niveau auquel l’individu est censé renoncer à l'achat (l’obstacle mental tant redouté). (2)
L’observation in situ
du consommateur – vu qu’il est exposé à un flux continu de prix – permet de montrer
qu’il
n’est pas disposé à passer beaucoup de temps à évaluer les divers prix affichés. Il est prouvé qu’il procède à des rapprochements cognitifs, en simplifiant
l’information reçue. Son subconscient
ne retient que la première information visuelle : le ou les premier(s)
chiffre(s) ou le chiffre avant la virgule.
C’est ce qu’il lit et mémorise. C'est l'ordre de grandeur qui lui importe. Il tend à centrer l’attention sur l'unité
monétaire immédiatement inférieure,
c’est-à-dire à arrondir les prix vers le bas, plutôt que vers le haut.
De ce fait, l’acheteur perçoit le prix à un
niveau inférieur à ce qu'il est réellement. Lorsque le prix affiché
est 29,95
ou 29,99, il est spontanément situé dans la fourchette inférieure
à 30, ce qui est censé déclencher la décision d’achat. Tant que ce seuil (prix
rond) n’est pas franchi, la demande est assurée. Le chiffre 30 ne venant pas immédiatement à l’esprit de l’individu, le
prix affiché est situé dans la gamme des
« vingt » plutôt que dans celle des « trente » ; il
est considéré
comme « juste au-dessus de 20 » et non pas « juste en dessous de
30 ». Il est associé
machinalement à
une dépense de 25 ou même de 20 et donne
à l’acheteur l'impression qu’il fait une bonne affaire, que le prix est une
aubaine. De là, il agit comme un catalyseur.
(3)
A y regarder de
près, s’agissant d’un prix comportant plusieurs chiffres, les premiers sont regardés
par l’acheteur comme plus « importants » que les derniers ; ce
qui permet de définir un taux
d'importance pour chacun d’eux et d'en déduire les concepts de « prix
perçu » et de « prix réel ». (4) Considérons le prix
d’un téléviseur à 2899,95. Le chiffre 2 – premier signe visuel –
représente une grande part de l'information, car le nombre 2000 constitue 69 %
du prix ; l’acheteur va donc appréhender clairement cette valeur. Le
deuxième chiffre, correspondant à 800, soit 28 % du prix, sera également lu et retenu.
Le troisième chiffre 90 est négligeable puisqu’il n'apporte que 3 % de l'information.
En conséquence, le
prix perçu est 2800 !
La partie « importante »
du prix étant définie, le vendeur est en mesure d’y faire suite en plaçant les chiffres
9. Ceux-ci étant situés dans la partie non lue, non considérée, n’influent pas sur
le prix perçu et n'ont donc pas d’incidence négative sur la décision
d’achat. Les prix maniés de la
sorte génèrent une demande plus forte que si l’acheteur était parfaitement rationnel. (5) Le montant 99,95 – non perçu – entre
entièrement dans les bénéfices, en permettant une maximisation de
la marge réalisée par le vendeur.
Cette technique en trompe-l'œil, notons le, convient parfaitement aux entreprises qui souhaitent être perçues comme des détaillants à prix réduits. A l’inverse, elle se révèle inefficace et son effet psychologique est dommageable lorsqu’elle a un impact négatif sur la perception de la qualité du produit, conduisant à une demande refrénée. « Les consommateurs peuvent considérer qu'une machine à café à moins de 20 € n'est pas assez chère et voir le prix comme un signe de mauvaise qualité. Par conséquent, en fixant le prix d'une machine à café à 19,99 €, la demande peut baisser considérablement ». (6) En somme, l’entreprise qui positionne ses produits dans le haut de gamme fixe logiquement ses prix sur la base de nombres entiers.
Certains vendeurs il
est vrai abusent des prix impairs. « Même si cette pratique
est très courante et considérée comme légitime par les distributeurs, elle n’en
soulève pas moins un problème éthique
et il convient d’évaluer les conséquences pour le consommateur ». (7)
On sait que dans l’intérêt
des acheteurs le prix affiché doit être lisible et univoque. Ceux-ci, n’étant
pas en état d’alerte permanent, se fourvoient à tous les coups. Pourquoi faut-il
tolérer que, pour un prix de 5,95 dh par exemple, les décimales 95 soient minuscules
et surtout mises à l’écart dans le coin de l’affiche, d’une manière telle que
personne ne puisse les voir ? Ce stratagème n’est pas négligeable : un
dirham est ainsi soutiré tous les jours – à la dérobée et sans coup férir – à une
flopée d’acheteurs et pour chacun des articles mis en vente. (8)
Thami
BOUHMOUCH
janvier 2024
___________________________________________
(1) Cf. Holdershaw
J., Gendall P., Garland R., “The widespread of use of odd pricing in the
retail sector”, Marketing Bulletin, 1997.
(2)
Cf. mon
article : De l'exigence d'un marketing a visage humain https://bouhmouch.blogspot.com/2012/11/de-lexigence-dun-marketing-visage-humain.html
(3) Cf. http://www.businessdictionary.com/definition/odd-even-pricing.
html Voir aussi : https://www.priceintelligently.com/odd-even-pricing
(4) Cf. Gaël
Grasset, Prix magiques https://www.lokad.com/fr/prix-magiques
(5) Cf. https://en.wikipedia.org/wiki/Psychological_pricing Voir aussi : https://www.emeraldinsight.com/doi/abs/10.1108/03090569710190541
(6) Gaël Grasset, op. cit.
(7)
Ch. Michon, O. Badot, G. Bascoul, Le
Marketeur : Fondements et nouveautés du marketing, éd.
Pearson 2010, p. 526. Je souligne.
(8) Cf. mon
article : Affichage des
prix : pourquoi, comment ? https://bouhmouch.blogspot.com/2011/10/affichage-des-prix-pourquoi-comment.html
7 janvier 2021
LE GRAND JEU IMPERIALISTE
Série : politique internationale
Durant ces vingt dernières années, pour justifier la continuation de l’existence de l’OTAN, les puissances d'Occident sont passées de la nécessité de contrecarrer l’Union Soviétique à celle de "s’opposer au terrorisme", avec son cortège de coups de force tous azimuts, assorti de manœuvres au profit des multinationales étasuniennes. La politique internationale se fonde plus que jamais sur les prétextes et les artifices afin de légitimer l’intervention militaire.
La fameuse "sécurité nationale"
américaine conduit à imposer partout des garnisons et bases militaires, à
perpétrer des assassinats, des invasions et des campagnes de bombardements, à
sponsoriser des régimes crapuleux et des réseaux terroristes transnationaux. Ainsi,
dès 2003 un plan de "contre-terrorisme" a été lancé en Afrique de
l’Ouest ; l’année suivante, des Forces spéciales ont été directement
engagées dans la région du Sahel. Le Pentagone ne cherchait rien d’autre qu’à s’établir
dans le Golfe de Guinée afin de contrôler la route transafricaine du pétrole et
les réserves vitales d’hydrocarbures qui y ont été découvertes. La série
spectaculaire de prises d’otages visait tout simplement à manipuler les
masses, à "créer des problèmes, puis offrir des solutions" (Noam
Chomski). Il s’agissait, dans le sillage des agressions guerrières, de
raffermir la mainmise des entreprises américaines et européennes
sur les ressources locales.
Les médias donnent l’impression de savoir ce
qu’est le terrorisme. Nul pourtant ne s’est soucié sérieusement de le définir
au préalable. Est-ce donc un phénomène connu de tous sans qu’il y ait besoin de
l’expliciter ? Peut-être est-ce une construction purement idéologique
impossible à cerner dans la réalité ? Les États-Unis se sont distingués par leur interprétation unilatérale de
ce fléau, une interprétation adaptée strictement à leur vision et intérêts
politiques. Selon la définition énoncée dans le code officiel des lois
étasuniennes, « le terrorisme est
l’usage délibéré de la violence ou la menace de la violence pour atteindre des
objectifs qui sont de nature politique, religieuse ou idéologique […] par le
recours à l’intimidation ou à la coercition ou en inspirant la peur ».
(1) Si l’on applique cette
interprétation aux massacres de civils et destructions de biens publics commis
par les Etats-Unis en Irak, en Afghanistan, en Syrie et au Yémen, ce pays serait
à juste titre le plus grand agent
terroriste ou le plus grand sponsor
du terrorisme au monde. On pourra dire autant de l'entité coloniale sioniste.
De là, on s’aperçoit que le reproche que la Maison Blanche osait faire à Kadhafi dans les années 80, n’était pas dû à son soutien à des groupes terroristes, mais au fait qu’il ne soutenait pas les "bons groupes terroristes", c’est-à-dire les groupes bénis et ratifiés par Washington, tels les Contras au Nicaragua, l’Unita en Angola, les nervis cubains à Miami, les activistes au Salvador et au Guatemala, en plus des militaires et colons judéo-sionistes. Les nouvelles autorités libyennes ont été installées grâce à la puissance de feu de l’organisation terroriste nommée OTAN, en collaboration étroite avec son bras judiciaire, la CPI…
La nouvelle stratégie néocoloniale fait
preuve d’une absence totale de retenue. L’Occident américano-centré s’est échiné
à fabriquer des menaces improbables – en particulier depuis la chute du bloc de
l’Est. « Dieu merci, après quelques tentatives sporadiques de
cristalliser l’attention sur le narco-terrorisme, puis sur les armes de
destruction massive de Saddam Hussein, le terrorisme islamique tomba
littéralement du ciel pour offrir à cette défunte menace un digne successeur… ».
(2)
On sait ce qu’il en est aujourd’hui en
Occident du racisme antimusulman désormais conforté par la peur du "terrorisme",
peur savamment attisée par les médias. Alors qu’au début du XXe siècle les
Juifs étaient perçus comme une menace pour la civilisation européenne, voilà
qu’en ce début du XXIe siècle les Musulmans leur ont succédé en tant que boucs
émissaires. Tous ceux qui déblatèrent des horreurs contre "l’islamisme"
ne savent pas de quoi il retourne. « L’islamisme est le retour au
référentiel islamique afin de trouver des solutions aux problèmes sociaux
et politiques. Ce retour aux sources est
producteur de sens et donc de résistance à tout système de domination. Au nom
d’une identité bafouée, d’un héritage culturel et scientifique sacrifié, des
mouvements se sont levés pour réclamer une rupture avec la culture dominante,
imposée au nom du progrès. Un progrès, fruit d’une histoire perçue comme propre
à l’Occident et non liée à leur propre culture, à leurs nations ». (3)
A cet égard, une réflexion de P. Sacre
mérite mention : « Le terrorisme islamique a cet avantage pour nos
gouvernements de ne pas être une menace clairement identifiée. Elle est perpétuelle,
floue, terrifiante et omniprésente. Cette menace, à l’ère de tous ces
moyens électroniques de surveillance et de repérage dont nous disposons, serait
malgré tout indestructible, insoluble, tout au plus pourrions-nous la contenir,
nous en protéger par des barricades et des miradors, des patrouilles et des
fouilles incessantes ». (4) La réponse au
"terrorisme" va tout bonnement se résumer à agresser sauvagement des
pays supposés protecteurs d’un prétendu réseau islamique hypertrophié…
Pourquoi en Afghanistan
des Corans ont-ils été brûlés par des bidasses yankees ? Parce qu’ils étaient
annotés par des prisonniers, lesquelles annotations n’étaient rien d’autre que des
explications ou des traductions de mots particuliers. L’envahisseur
croyait, sans se donner la peine de vérifier le moins du monde, qu’il
s’agissait de preuves d'affiliation à un
mouvement terroriste. Le nommé Tomas Young, vétéran de la guerre d’Irak, s’est adressé
naguère à Bush et Cheney en ces termes : « J’écris, non pas parce que
je pense que vous saisissez les terribles conséquences humaines et
morales de vos mensonges, manipulation et soif de richesses et de pouvoir.
J’écris cette lettre parce que, avant ma propre mort, je voudrais dire
clairement que moi-même et des centaines de milliers de mes camarades vétérans,
ainsi que des millions de mes concitoyens, tout comme des centaines de millions
d’autres en Irak et au Moyen-Orient, nous savons parfaitement qui vous êtes et
ce que vous avez fait ». (5)
A y regarder de près, l’écran du
"terrorisme" est par-dessus tout au service du sionisme.
Ce
n’est qu’une façon de diaboliser et discréditer la résistance anticoloniale. Non seulement la
lutte de libération nationale en Palestine est assimilée machinalement au "terrorisme"
dans tous les discours, mais toute action de collaboration contre ce péril
– créé de toutes pièces – répond directement et étroitement aux intérêts
sécuritaires de l’entité sioniste. La supercherie est d’autant plus alarmante
que l’occupation sioniste est censée assurer "la défense de l’Occident".
Freysinger l’exprimait avec exaltation : « Notre parti a toujours
défendu Israël parce que nous sommes bien conscients que, si Israël
disparaissait, nous perdrions notre avant-garde. […] Aussi longtemps que
les musulmans sont concentrés sur Israël, le combat n’est pas dur pour nous.
Mais aussitôt qu’Israël aura disparu, ils viendront s’emparer de
l’Occident ». (6)
On s’est ingénié à dissoudre le judaïsme et sa
singularité dans le christianisme et l’Occident, dans le but inavoué d’imposer
le mot d’ordre "défense de l’Occident". Ce concept est un tour
idéologique providentiel. Comme le note A. Gresh, il « suppose
d’abord d’identifier les juifs à l’Europe et de proclamer, comme une évidence,
l’existence immémoriale d’une "civilisation judéo-chrétienne".
L’entreprise ne manque pas de piquant si l’on se rappelle que cette expression
est née dans les années 1930, précisément pour contrer le discours hitlérien de
défense de l’Occident et de la civilisation chrétienne contre les juifs. Une
posture a-historique d’identification du judaïsme à l’Europe »… (7) Comment
croire à une telle manigance alors qu’à cette époque les juifs faisaient
l’objet de mesures de restrictions à l’immigration aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis ?
A cet égard, les média-mensonges fanatiquement
pro-sionistes sont aux premières loges. Depuis 2001, la Palestine est présentée
comme l’un des champs de bataille du "choc des civilisations", lequel
est censé opposer le monde occidental à l’islamisme, au "terrorisme
islamique", voire à l’islam. Dans ce scénario frelaté, l’Etat juif s’attribue
la mission dont rêvait le fondateur du sionisme T. Herzl, celle de "poste
avancé de l’Occident contre les barbares". Les consignes sont alors bien observées : le plumitif se doit d’expliquer que c'est
toujours "en état de légitime défense" que l'armée sioniste tue des
civils palestiniens, que les détenus palestiniens ne sont rien d’autre que des terroristes,
que le mouvement de résistance Hamas est un groupe islamiste qui "ne veut
pas la Paix", que le mur de séparation, établi sur les terres annexées, a
été érigé pour arrêter "les attentats terroristes"... (8)
Par une conséquence obligée, tous les militants antisionistes sont qualifiés de "terroristes". Le cas du dessinateur français Joe le Corbeau est encore dans les mémoires. En raison de son engagement en faveur de la justice, il avait perdu son travail, était poursuivi par la LICRA et menacé par la pègre appelée LDJ. En 2012, il avait dit ceci : « Le monde occidental est infiltré par le sionisme. Les médias de masse sont aujourd’hui tous aux ordres d’Israël et valident l’existence d’un régime qui ruine les nations, pille et tue en toute impunité. Les guerres et embargos contre le monde musulman sont justifiés par la diabolisation, notamment par des caricatures représentant l’Islam comme une religion approuvant le terrorisme. Le monde chrétien, quand à lui, est perverti par l'idéologie marchande des ces usuriers sans scrupules ». (9) Dans cette perspective, S. Halimi a écrit : « Depuis des années, avec une régularité lancinante, les mêmes travers scandent la relation des événements en Palestine. D’abord, celui qui consiste à rabâcher une histoire borgne dans laquelle le "terrorisme" des assiégés justifie forcément la "riposte" des assiégeants. Ensuite, celui qui accorde l’impunité à un belligérant doté d’une supériorité militaire écrasante se grimant en victime juste avant d’enclencher une nouvelle escalade armée… ». (10)
Contrairement aux militants antisionistes, les groupies et adeptes du sionisme ne
peuvent être bien entendu qualifiés de terroristes. Nul n’a oublié la déclaration ronflante du
militant sioniste Strauss Kahn : « Je considère que tout Juif de la
diaspora doit partout où il le peut apporter son aide à Israël. C’est pour ça
d’ailleurs qu’il est important que les Juifs prennent des responsabilités
politiques… En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, au
travers de l’ensemble de mes actions, j’essaie de faire en sorte que ma modeste
pierre soit apportée à la construction de la terre d’Israël »… (11)
Si un Musulman (ou autre) tenait un discours similaire mais diamétralement opposé,
on l’arrêterait illico pour "soutien au terrorisme" ! Ce sont les Français
"issus de l’immigration" (selon la désignation qui leur est
spécifiquement consacrée) qui sont accusés de communautarisme et de vouloir
importer en France le conflit du Proche-Orient. Ils sont régulièrement
soupçonnés de faire allégeance à des puissances occultes ou à des États étrangers
en vue "d’infiltrer la République".
Par ailleurs, la "menace
terroriste" en Occident se révèle aujourd’hui le meilleur moyen de faire
peur, de façonner l’inconscient des masses, de les conforter dans l’obéissance au
pouvoir en place. Elle est devenue une arme psychologique visant
à légitimer des politiques hyper-sécuritaires, à faire accepter aisément des mesures
impopulaires. C’est en effet toujours pour le bien du peuple que l’Etat supprime
les libertés. Ce serait un désagrément nécessaire face au péril omniprésent
– islamiste ou autre, peu importe… La menace est visiblement brandie à point
nommé lorsqu’il est question de subjuguer une population rétive aux politiques
d’austérité, à des directives liberticides insoutenables.
Les moyens pour surveiller/contrôler les citoyens sont
plus subtils et moins visibles que dans les régimes totalitaires mais tout
aussi déloyaux. G. Debord se range à cet avis : « Cette démocratie
si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi, le terrorisme. Elle veut
être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats. L’histoire du
terrorisme est écrite par l’État ; elle est donc éducative. Les
populations spectatrices ne peuvent certes pas tout savoir du terrorisme, mais
elles peuvent toujours en savoir assez pour être persuadées que, par rapport à
ce terrorisme, tout le reste devra leur sembler plutôt acceptable, en
tout cas plus rationnel et plus démocratique ». (12)
Thami BOUHMOUCH
Janvier 2021
_______________________________________
(1) Cité par Bianca Zanardi, Terrorisme et antiterrorisme : comprendre les changements http://www.irenees.net/bdf_fiche-analyse-875_en.html
(2) Edward
S. Herman, Produire des Etats ratés. http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/article-comment-washington-developpe-le-terrorisme-interieur-pour-justifier-la-guerre-110989794.html
(3) Zhor Firar, Fouad Imarraine et Omar Mahassine. Les révolutions arabes, où est l'islamisme ? http://www.legrandsoir.info/Les-revolutions-arabes-ou-est-l-islamisme.html
(4) Pascal
Sacre, De 1933 à 2010, toujours la peur et le prétexte de la menace
terroriste.
http://www.legrandsoir.info/De-1933-a-2010-toujours-la-peur-et-le-pretexte-de-la-menace-terroriste.html
(5) Cité in : Un vétéran de l’armée américaine à l’agonie dénonce la guerre illégale en Irak. http://www.mondialisation.ca/un-veteran-de-larmee-americaine-a-lagonie-denonce-la-guerre-illegale-en-irak/5329509
(6) Cité par Olivier Moss, Les Minarets de la
discorde, Edit. Infolio 2009.
(7)
Alain Gresh, De l’antisémitisme au "péril musulman". https://blog.mondediplo.net/2010-10-20-De-l-antisemitisme-au-peril-musulman
(8) Cf. Rudi Barnet, Comment écrire un article sur la « réalité »
israélo-palestinienne http://www.palestine-solidarite.org/Journal_de_Palestine.583.pdf
(9) Joe Le Corbeau, Sens critique https://www.senscritique.com/livre/Shoah_Hebdo/8277489
(10) Serge
Halimi, Tout est simple à Gaza... http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-gaza-ce-29-septembre-2012-112991825.html
(12) Guy Debord, Le jeu de massacre contre les
institutions.
https://www.lemonde.fr/livres/article/2018/04/12/jeu-de-massacre-contre-les-institutions_5284259_3260.html
8 décembre 2020
LE TEMPS DE L’EURO-ATLANTISME
Série : Politique internationale
Au Moyen-Orient, comme en Afrique et en Amérique latine, les dirigeants occidentaux va-t-en-guerre s’autorisent à faire et défaire les gouvernements au gré de leurs intérêts. Considérons le cas d’un pays qui s’avise de faire obstacle – de n’importe quelle manière – à cette arrogance hégémonique. D’emblée et avant de le soumettre par le fer et le feu, il est affublé de l’étiquette "supporter du terrorisme". Ensuite, on lui applique une recette qui a fait ses preuves : financer tout mouvement local hostile au pouvoir et le magnifier grâce aux médias aux ordres ; recruter, armer et entrainer des mercenaires extrémistes exogènes, les étiqueter "rebelles" ou "combattants de la liberté" ; lors d’une manifestation, faire tirer par des snipers payés à la fois sur la foule et sur les forces de l’ordre (en espérant que celles-ci ouvriront le feu sur les manifestants) ; condamner solennellement le recours à la répression et livrer l’instance dirigeante à la vindicte populaire ; bombarder les villes sans retenue en affirmant qu’il s’agit de protéger la population. Déjà le pays victime est quasiment sans défense contre les bombardements aériens… « Logiquement, le pouvoir en place tombe à plus ou moins court terme, le chaos s’installe pour de longues années, vous avez atteint votre objectif : vous n’avez plus de pouvoir fort face à vous, vous pouvez piller sans vergogne les richesses du pays, il vous suffira d’entretenir les conflits internes (ethniques, religieux…) en organisant un attentat suicide de temps en temps ». (1)
Des
concepts et un discours ont été échafaudés pour instaurer une cécité mentale à
une grande échelle. Les Etats-Unis et leurs vassaux européens seraient ainsi "l’Axe
du Bien" et tout ce qui est dirigé contre eux est désigné par le
vocable "terrorisme". Nul besoin d’être grand clerc pour
comprendre que tout est mis sciemment à l’envers. Les terroristes véritables
ne sont nullement ceux qui sont montrés du doigt par les média-mensonges et
auxquels les masses recourent spontanément. La France n’a-t-elle pas commis des
actes terroristes au Rwanda ? Les Etasuniens ne financent-ils pas
directement des groupes de mercenaires semant la terreur en Colombie, au
Nicaragua et au Salvador depuis près de 30 ans ? Comment qualifier les
attaques à l’uranium appauvri perpétrées à Gaza par l’armée sioniste et
applaudies par l’Occident ? Que dire de la guerre au Kosovo menée en 1999 de
façon infondée par l’OTAN ? Que dire de la dévastation insoutenable en
Irak et en Libye, des crimes effroyables commis en Afghanistan, en Syrie et au
Yémen ? Combien de destructions et de victimes sans défense sont
imputables aux bombardiers partis de Londres, de Paris, d’Allemagne ou des porte-avions
américains ?
On ne fait pas la guerre à une nation pour des prunes. Michel Collon disait à juste titre : "Si vous voulez savoir où se dérouleront les prochains épisodes de la fameuse guerre contre le terrorisme, cherchez sur la carte le pétrole, l’uranium et le coltan, et vous aurez trouvé". (2) A cela il faut ajouter les opportunités lucratives engendrées par les destructions. Seules les puissances assaillantes qui ont pris part à l’agression sont fondées à partager le butin. Rien n’est plus logique. Par exemple, la France qui n’avait pas participé à l’invasion de l’Irak (2003) a été privée de contrats pour la reconstruction. En revanche, les bombardements effectués en Côte d’Ivoire (2011), qui ont causé beaucoup de destructions, ont offert opportunément de nouveaux marchés à son industrie. Il s’agit d’une sorte de commerce par le terrorisme.
Ce qu'on
appelle la "communauté internationale" n’a en Afrique que des
intérêts, pour lesquels elle ne recule devant aucun crime. On sait que l’organisation
militaire Africom a été mise en place par les Etats-Unis et
ses vassaux européens afin de contrôler les richesses du continent. Son but est
d’empêcher que l’Afrique s’oriente vers l’indépendance et n’ait des partenaires
comme la Chine, le Brésil et la Russie. Au Mali et au Niger, les
forces françaises sont en guerre, non pas pour les raisons grotesques avancées,
mais bien pour sauvegarder les intérêts de la France dans la région du Sahel,
en particulier les sources d’uranium. C’est une guerre contre les patriotes
maliens et nigériens qui ont
essayé de mettre fin à la corruption et considèrent que les richesses
naturelles doivent profiter aux populations locales et permettre de faire
reculer la pauvreté. En
Côte d’Ivoire, la France est intervenue militairement au mépris des droits
humains et de la légalité internationale. Un déluge de feu s'est abattu sur les
masses civiles. Des vies innocentes brisées, anéanties afin d’assurer le pouvoir
de l’agent-collabo parachuté, pour l'argent et les honneurs destinés à une
poignée de marionnettes, pour les intérêts bien compris des nouveaux colons.
Comme la France, depuis sarkozy notamment, est devenue le
sous-fifre de l’entité sioniste, son armée a commis un peu partout des crimes
de guerre et des actes de terrorisme international, tuant des civils, hommes,
femmes et enfants par dizaines de milliers. En Syrie, les bandes terroristes
venues de l’étranger, appelées ironiquement "rebelles" ou "révolutionnaires",
sont composées de tueurs expérimentés et de prisonniers de droit commun libérés
à dessein. C’est ainsi que la brigade terroriste d'Abou-bakr Saddiq a eu pour
consigne de kidnapper et d’égorger des gens contre une somme d'argent. La plupart des membres de la pseudo "Armée Syrienne Libre", de
l’aveu même de l’un d’eux, "ne sont que des bandits et des pilleurs. Ils
ne [se privent] pas de dérober tout ce qu’ils veulent, des appartements,
des voitures, en taxant leurs possesseurs d’être des chabbihas du régime".
(3) Ils sont regardés comme une force d’appoint dont le rôle
est de faire illusion, de donner une "couleur locale", de servir
d’alibi à une intervention extérieure réitérée.
La manœuvre cynique des Etasuniens et de l'OTAN en Libye, qui consistait à "ne pas dire ce que l'on fait et ne pas faire ce que l'on dit", est manifestement celle qui a été choisie pour la Syrie. Les groupes terroristes sont armés et entrainés par l’Empire et ses acolytes européens, payés par les princes dociles du Golfe. Du côté français, la DGSE leur a assuré la formation et le soutien au plan des transmissions et de l’artillerie (mortiers, missiles antichars et canons de
En matière de terrorisme et d’hostilité meurtrière, la Belgique n’est pas en reste. Rappelons-nous l’aveu stupéfiant
fait en 2002 par G. Soete, le belge qui a coupé en petits morceaux le corps de Patrice
Lumumba, leader martyr congolais assassiné en 1961 : "J’ai
découpé et dissous dans l’acide le corps de Lumumba. En pleine nuit africaine,
nous, avons commencé par nous saouler pour avoir du courage. On a écarté les
corps. Le plus dur fut de les découper en morceaux, à la tronçonneuse, avant
d’y verser de l’acide. Il n’en restait presque plus rien, seules quelques
dents. Et l’odeur ! Je me suis lavé trois fois et je me sentais toujours sale
comme un barbare". (4) Ce psychopathe sanguinaire, dit-on, conserve toujours un doigt, une dent (empaillés) et
l’Alliance de la victime.
Thami
BOUHMOUCH
Décembre
2020
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(1) Rebellium.info, Petit manuel de déstabilisation d’un pays en état de résistance http://www.rebellium.info/2013/02/
(2) Michel Collon, Comprendre la guerre en Libye https://blogs.mediapart.fr/danyves/blog/220515/comprendre-la-guerre-en-libye-23-michel-collon
(3) Cité in : l’ASL grouille de bandits http://archive.almanar.com.lb/french/article.php?id=104889
(4) Cité in :
J’ai découpé Lumumba https://lesoldatdupeuple.over-blog.com/tag/temoignages%20historiques/24













